SEVEN DAYS IN MAY
Score mineur peu mémorable dans la carrière du jeune Goldsmith des années 60, 'Seven Days In May' (Sept jours en mai) possède la particularité de faire exclusivement appel à un ensemble instrumental original: un pupitre de percussions composé de timbales, cymbales, caisses claires et tambours, xylophone, vibraphone, cloches et piano. Pas de cuivres, pas de cordes et pas de bois ici, la majeure partie de la musique (près de 15 minutes environ - sur 118 minutes de film, c'est peu) reposant sur le pupitre de percussions qui fait monter la tension tout au long du film et suggère l'intrigue de conspiration militaire du film.
L'ouverture du film se fait ainsi au son de rythmes martiaux de caisses claires. Très rythmé, les timbales viennent rejoindre les caisses et le morceau se conclut sur une partie de xylophones typique de Goldsmith, dans la veine d'une écriture rythmique à la Bartok (les xylophones apparaissent alors que l'on voit des images d'ogives nucléaires apparaître à la fin du générique, suggérant la menace nucléaire au coeur de l'histoire du film).
Le reste de la partition très minimaliste de Goldsmith est dans la même veine: la première scène de filature est ainsi accompagnée de percussions avec des sonorités plus sombres développées par le piano (utilisé de manière rythmique un peu comme chez Edgar Varèse ou chez Bartok - voir sa 'Sonate pour 2 pianos et percussions') et des tenues mystérieuses de vibraphone. On retrouve cette ambiance dans la deuxième séquence de filature du film, le piano prenant de plus en plus d'importance afin de renforcer le climat intriguant du film (et par conséquent de la musique).
Complètement uniforme, la musique de Goldsmith ne connaît aucun développement thématique ou motivique particulier, la quinzaine de minutes reposant essentiellement sur le rythme et les percussions. L'action pointe le bout de son nez dans la scène où le sénateur Raymond Clark s'évade de la base militaire secrète en compagnie d'un officier d'Ecomcon. Pour se faire, Goldsmith utilise une rythmique agitée de percussions avec xylophone/piano dans un petit motif rythmique plus agressif. Hélas, il s'agit de l'unique passage d'action du score, le reste reposant essentiellement sur une ambiance d'intrigue développée par la rythmique du petit ensemble instrumental interprétant la musique de ce film.
Rien de bien mémorable donc, et malgré l'originalité de cette petite formation instrumentale rythmique minimaliste, le score de 'Seven Days In May' ne laisse aucun souvenir particulier, surtout que l'écoute de cette partition dans le film nous donne clairement l'impression que le compositeur s’est limité au strict minimum du point de vue instrumental et musical (probablement était-ce un choix artistique de la part du réalisateur John Frankenheimer). On aurait effectivement aimé entendre une partition plus développée et ambitieuse, dans l'esprit du film de John Frankenheimer.











