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Mac Arthur

Comme on compare très souvent le 'Patton' de Franklin J. Schaffner avec le 'MacArthur' de Joseph Sargent, il est aussi très tentant de comparer les deux scores de Jerry Goldsmith dont la participation à 'Patton' n'a sûrement rien d'étranger à sa participation à 'MacArthur'. Si 'Patton' était un véritable chef-d'oeuvre en soi et d'une qualité rarement égalée, 'MacArthur' paraît quand à lui nettement plus terne et beaucoup moins audacieux de la part d'un compositeur qui avait pourtant brillé sur le film de Schaffner. Pour 'MacArthur', Goldsmith aligne les moments sombres/dramatiques et les quelques codes de musique de film de guerre sans grande originalité. Certes, la fameuse 'MacArthur March' qui sert d'ouverture et de conclusion au film reste plus connue sous sa forme de musique de concert que Goldsmith couple régulièrement avec la marche de Patton - la suite s'appelle 'The Generals Suite' et on la retrouve fréquemment dans la plupart de ses grands concerts au Japon ou à Londres par exemple.

La caractéristique principale de cette partition symphonique reste l'utilisation surprenante d'une sonorité métallique ressemblant au bruit des cordes à l'intérieur d'un piano, un son froid et sec qui ouvre le film sur un petit ostinato rythmique avant que commence la marche de MacArthur. Dans la scène du tunnel au début du film, les cordes et le reste de l'orchestre créent un climat plus dramatique et sombre (une caractéristique de ce score) pour évoquer les ravages de la guerre et les souffrances humaines qui en découlent. La séquence du champ de mines en bateau vers le début du film maintient la tension à l'aide de ce son métallique intervenant régulièrement dans les moments les plus sombres du film. La musique de la séquence d'entraînement militaire fait à nouveau surgir une brève allusion à la marche héroïque de MacArthur mais il est tout de même assez surprenant de constater que le compositeur ait choisi de n'utiliser aucun autre thème pour ce score. Même le thème de la marche n'intervient qu'au début et à la fin du film et n’est plus entendu par la suite, un choix musical vraiment très étonnant et quelque peu discutable. Néanmoins, la ‘MacArthur March’ dévoile un motif ascendant de cuivres dans son introduction qui sera associé tout au long du film au général, et que l’on retrouvera notamment dans des morceaux comme l’excellent et entraînant ‘The Landing’, qui semble avoir été très influencé par les grandes partitions de film de guerre des années 60, et plus particulièrement des œuvres des compositeurs britanniques comme Malcolm Arnold ou Sir William Walton.

On découvre quelques passages plus agités et agressifs comme le morceau illustrant la séquence de la bataille navale dans les Philippines après le retour de MacArthur qui s'était fait une promesse de revenir ('I Shall Return') pour délivrer le pays de l'emprise des Japonais et mettre fin à la guerre dans ce pays. Avec des rythmes de percussions martiales et l'orchestre particulièrement agité, Jerry Goldsmith nous décrit la bataille d’une façon similaire au puissant 'The Attack' de la partition de 'The Blue Max' (1966). 'The Treaty' apporte une touche plus solennelle pour la scène où le Japon signe le traité de capitulation mettant fin à la guerre. Tout le reste du score s’articulera finalement autour du style sombre/dramatique de la musique avec des cordes toujours très froides et un style alternant entre passages martiaux (qui ne sont au final pas si nombreux que cela) et parties plus sombres, dramatiques voire intimes (musique pour la discussion entre MacArthur et Roosevelt par exemple). A noter que le thème de la marche de MacArthur ne reviendra qu’à peu de reprises, avec le motif principal entendu en ouverture.

Au final, malgré ses qualités d’écriture (la musique demeure riche, ample et magnifiquement orchestrée), le score de ‘MacArthur’ manque quelque peu d’ambition. La musique du film de Jospeh Sargent est plus une suite d'ambiances renforçant l’atmosphère du film, mais il paraît vraiment étrange que la marche de MacArthur en ouverture du film ait été quelque peu délaissée dans le film, alors qu’elle s’annonçait pourtant très prometteuse. En bref, 'MacArthur' n'a ni la profondeur psychologique ni la puissance de 'Patton'. La musique de Goldsmith possède néanmoins ses propres qualités d’écriture indéniables et remplit néanmoins parfaitement le cahier des charges en illustrant le film de Joseph Sargent avec une très grande efficacité digne du compositeur. Dommage cependant que la partition de ‘MacArthur’ ne tienne pas la comparaison face au chef-d’œuvre total qu’est ‘Patton’.

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