Défilement haut
Indicateur niveau
Défilement bas

THE REINCARNATION OF PETER PROUD

Jerry Goldsmith signe pour le film de Jack Lee Thompson une partition à la fois mystérieuse, lyrique, envoûtante et sombre, toute à l’image du long-métrage. Pour se faire, le compositeur utilise son orchestre symphonique habituel auquel il couple une partie de synthétiseurs typiquement « seventies » et aujourd’hui assez datés. La partition s’articule autour d’un thème principal fédérateur, sorte de mélodie nostalgique et mélancolique associée à Peter Proud et ses souvenirs de sa vie antérieure. Dès le générique de début, Goldsmith introduit ce très beau thème principal joué par une flûte sur fond de piano et violoncelle. Puis, très vite, les sonorités électroniques rétro prennent le dessus pour illustrer les rêves/flash-back de Peter Proud, et ce sont finalement les synthétiseurs qui reprennent le thème de façon plus mystérieuse et inquiétante, quasi surréaliste.

Goldsmith s’essaie alors aux expérimentations électroniques et dissonantes qu’il affectionne tant, dans un style qui rappelle les passages synthétiques de ‘The Illustrated Man’ et annonce clairement ceux de ‘Logan’s Run’ composé un an après ‘Peter Proud’, en 1976. Comme d’habitude, même si les sonorités analogiques des synthétiseurs prêtent à sourire aujourd’hui, on reste toujours très convaincu par la façon dont Goldsmith utilise l’électronique avec une inventivité et un sens de l’expérimentation à toute épreuve. Ce sont les premières séquences de rêve qui permettent ainsi au maestro de développer ses touches synthétiques étranges, instaurant une atmosphère surréaliste et mystérieuse particulièrement saisissante. Le thème reste constamment présent, avec un côté obsessionnel qui semble évoquer une sorte de message surgissant de l’existence antérieure du héros. Par la suite, la musique redevient plus orchestrale pour illustrer la détermination de Peter à découvrir la vérité. Goldsmith met alors l’accent sur les cordes, le piano, les bois et quelques éléments électroniques toujours présent en arrière-fond sonore. On n’est guère loin par moment du style atonal avant-gardiste/expérimental de ‘The Illustrated Man’ ici, même si ‘The Reincarnation of Peter Proud’ s’avère être bien moins audacieux que le précédent score du compositeur.

A noter l’utilisation du piano durant la scène où Peter voyage vers une autre ville en quête de réponses à ses questions existentielles. Comme d’habitude, Goldsmith se montre très inventif dans ses orchestrations, utilisant différentes techniques de jeu comme les flatterzunges de flûte, avec un goût toujours très prononcé pour un langage atonal hérité de la musique savante du 20ème siècle. Goldsmith utilise une guitare plus intime et paisible durant la scène où Peter rencontre Ann Curtis. Mais si la musique semble suggérer une ambiance plus romantique et douce, la présence de nappes de synthétiseurs menaçants en arrière-fond sonore suggère clairement que quelque chose ne semble pas tourner rond. La musique s’assombrit progressivement au fur et à mesure où Peter Proud se rapproche de la vérité. Goldsmith utilise différentes techniques instrumentales incluant clusters, glissandi et flatterzunges de flûte pour renforcer le climat psychologique assez intense de la seconde partie du film. Ainsi donc, la dernière partie de l’histoire permet à la musique d’osciller entre passages mystérieux et oppressants et moments plus intimes et romantiques. Finalement, le coup de théâtre final permet à Jerry Goldsmith de nous offrir un climax orchestral saisissant et extrêmement violent. On y retrouve une même férocité dans l’écriture orchestrale héritée de partitions telles que ‘Planet of the Apes’ ou ‘The Illustrated Man’. Finalement, le thème principal mélancolique et obsédant de Peter Proud revient une dernière fois pour conclure le film dans une ultime version pour flûte, piano et cordes de toute beauté.

‘The Reincarnation of Peter Proud’ demeure de bout en bout une partition absolument maîtrisée, typique de l’écriture plus avant-gardiste et dissonante de Jerry Goldsmith. Le compositeur en profite pour nous rappeler ici son goût sur pour les expérimentations électroniques, utilisant toutes les ressources des synthétiseurs de l’époque à sa disposition. La musique apporte un impact émotionnel certain aux images du film de Jack Lee Thompson, renforçant l’atmosphère sombre et psychologique de l’histoire. Il est donc parfaitement regrettable que la musique de ‘The Reincarnation of Peter Proud’ n’ait encore jamais été éditée officiellement, un oubli impardonnable qui, on l’espère, sera bientôt réparé à l’avenir. En conclusion : une solide partition envoûtante de Jerry Goldsmith à redécouvrir très vite!

Retour à la liste


FORUM
2007 Tous droits réservés © THE MUSICAL LAW / Jerry Goldsmith - French Website
Création, Design & Administration : Pascal Dupont - Rédaction & Analyses Musicales : Quentin Billard - Développement, Flash Animation & Webmaster : Julie Desrumaux