Quelle musique !

1981...La Magie Goldsmith opère de nouveau !

Outland

voici sans conteste l'un des meilleurs films du réalisateur Peter Hyams, tourné à une époque où le réalisateur savait encore faire des films de qualité, loin des super bides qu'ont pu être 'Sudden Death' ou 'The Musketeer'. 'Outland' est en réalité le remake du western 'High Noon' (Le train sifflera trois fois) de Fred Zinnermann réalisé en 1952. Sur une intrigue tout à fait similaire, Peter Hyams développe une atmosphère spatiale très proche de ce que fit Ridley Scott un an auparavant sur 'Alien'. En réalité, 'Outland' doit beaucoup à 'Alien', le film auquel on l'a toujours comparé (coïncidence, dans les deux films, c'est Jerry Goldsmith qui a fait la musique). Cette fois, c'est Sean Connery qui interprète le rôle du shérif-prévôt O'Niel de la station spatiale IO. IO est une gigantesque exploitation minière spatiale dirigé par un conglomérat minier du nom de Con-Amalgamate. O'Niel vient d'arriver récemment avec sa femme et son fils et c'est au bout de quelques semaines qu'il apprendra que sa femme a craqué et a décidé de revenir sur terre avec son fils, et comme un malheur n'arrive jamais seul, il découvre aussi que les récents accidents survenus dans les mines sont du en réalité à la prise d'une puissante drogue mystérieuse qui circule dans la station. Après une brève enquête, O'Niel va découvrir l'existence d'un trafic de drogue au sein même de la colonie et va même réussir à remonter jusqu'à la source: le directeur Mark B.Sheppard (Peter Boyle). Cette substance illicite améliore les cadences de travail et permet d'augmenter considérablement le rendement. Seulement voilà, au bout d'un certain moment, les personnes qui absorbent cette drogue finissent par devenir dingue et incontrôlable. O'Niel va devoir arrêter les trafiquants de drogue qui circulent dans la station et mettre fin à ce trafic. Son deuxième objectif sera de stopper les agissements de Sheppard une bonne fois pour toute. Le directeur de la mine contre-attaquera en envoyant une bande de tueurs d'élite dans la prochaine navette arrivant à la station. Abandonné par ses collègues, O'Niel devra organiser la résistance seul, avec l'aide du Dr.Lazarus (Frances Sternagen).

Ambiance claustrophobique, vide spatial, immense baptise futuriste, séquence de traque brillamment orchestrée, 'Outland' est un thriller de science-fiction dans la plus pure tradition du genre, une sorte de croisement entre '2001' de Kubrick et 'Alien' de Scott, mais sans histoire de monstre spatial. Comme la tagline du film l'indique, 'même dans l'espace, le pire ennemi reste l'homme'. Hyams a réussi une brillante transposition de l'intrigue de 'High Noon' dans une atmosphère spatiale futuriste très noire, et même si le film n'égale pas les productions qu'il tente d'imiter, il n'en demeure pas moins un grand thriller de qualité qui vaut surtout de par son ambiance noire (on sent une véritable sensation de menace tout au long du film, agrémenté d'un manque constant de lumière comme dans 'Alien', ce qui renforce le malaise grandissant tout au long du film) et l'atmosphère qui s'en dégage. La dernière demie heure du film est particulièrement captivante. On notera juste une petite erreur: lorsqu'un corps est soumit au vide, il n'implose pas comme on le voit constamment dans le film, à moins d'être victime d'une décompression explosive, ce qui n'est pas le cas ici. Cette petite erreur physique a simplement permit au réalisateur de rajouter un peu de gore dans un film où l'ambiance est déjà bien tendue. Un film de Peter Hyams pas vraiment incontournable, mais très sympa dans son genre!

Jerry Goldsmith vient à peine de sortir d'Alien qu'il repart déjà vers la science-fiction dans 'Outland', un film pour lequel il nous a livré son score le plus proche de son immense travail pour 'Alien'. L'atmosphère de la musique d'Outland nous permet de retrouver l'ambiance glauque, froide et flippante d'Alien, mais avec l'inventivité en moins. Le film s'ouvre sur un 'The Mine' particulièrement sombre où des tenues graves de l'orchestre (à noter l'utilisation des clarinettes basses) surgissent quelques sonorités électroniques accentuant le côté futuriste et menaçant du film. L'orchestre commence à développer un petit motif rythmique aux cordes alors que l'on aperçoit des plans de la station minière IO. On notera l'excellente utilisation du nuages de sonorités électroniques utilisés dans la dernière partie du morceau qui nous permet de retrouver pendant un certain temps l'ambiance glauque d'Alien avec un style et des orchestrations très proches de cette partition monumentale du compositeur. 'The Mine' nous propose ainsi une parfaite entrée en la matière en évoquant dès le début du film un très fort sentiment de menace et de malaise qui caractérise si bien l'ambiance du film.

'The Hostage' intervient lors de la scène où Sagan (Steven Berkoff), l'un des employés de la mine devenu fou sous l'emprise de la drogue, s'enferme avec une prostitué dans une cellule et menace de la tuer. Goldsmith crée une ambiance de tension glauque très proche de ce que le compositeur fera deux ans après sur 'Poltergeist'. Cordes et vents dissonants s'en donnent à coeur joie pour créer une atmosphère de suspense glauque comme seul Goldsmith sait le faire. Avec des orchestrations de qualité, le compositeur crée un canevas atonal saisissant, utilisant les différentes ressources de l'orchestre (cordes en sourdine, trémolos dissonants, etc.). Dans cette séquence de suspense, O'Niel et ses collègues essaient de résonner Sagan tandis que le Sergent Montone (James Sikking) s'infiltre par un conduit de ventilation pour stopper l'individu devenu fou furieux. La tension ne cesse de monter durant toute la séquence jusqu'à l'inévitable issue finale finissant sur la mort brutale de l'individu. Avec son savoir-faire indiscutable, Goldsmith fait monter la tension d'une manière saisissante, l'exemple le plus révélateur provenant de deux pièces majeures du score, 'Earl Arrival' et 'The Hunted'.

'Earl Arrival' renforce l'ambiance quasi cauchemardesque et suffoquante voulu par Goldsmith. Il ne reste plus désormais que quelques minutes avant l'arrivée de la navette spatiale, et O'Niel sait qu'il va devoir affronter seul les pires tueurs de la galaxie. Avec des cordes stridentes et particulièrement tendues, Goldsmith nous plonge dans une atmosphère glauque à souhait où l'atonalité et l'écriture avant-gardiste du morceau renforce cette puissante sensation de malaise développé tout au long de la séquence de l'arrivée des tueurs. La tension monte de plus en plus alors que O'Niel doit préparer la résistance. 'The Hunted' est quand à lui une pièce d'action/suspense parfaite dans ce qu'elle cherche à évoquer dans le film: une chasse à l'homme impitoyable. Le sentiment de menace et de danger pèse une fois de plus sur cette brillante pièce évoquant un jeu malsain du chat et de la souris. On retrouve l'écriture avant-gardiste du compositeur comme dans 'Earl Arrival' utilisant brillamment toutes les ressources orchestrales mises à sa disposition. Goldsmith entretient parfaitement la tension alors qu'O'Niel se retrouve à l'extérieur de la station en combinaison spatiale afin de tendre un piège à ses agresseurs. Le suspense devient de plus en plus glacial au fur et à mesure où le compositeur accentue ses effets orchestraux étranges (glissendi stridents de cordes, jeu sur les quarts de ton comme chez Penderecki ou Ligeti, etc.), et soudain, c'est une explosion orchestrale où dominent les trompettes à la Stravinsky et des timbales agressives: O'Niel tend son piège à l'un des tueurs. La tension repart de plus belle alors que les deux autres tueurs sont toujours en liberté quelque part dans la station. On notera le petit jeu que fait Goldsmith au hautbois sur le motif entendu au début de 'The Message', un motif qui lui permet de relancer la seconde partie de son morceau pour nous faire comprendre que le combat continue et que le danger est toujours omniprésent.

Des morceaux comme 'Spiders' ou 'The Air Lock' et son rythme martelé évoquent brillamment la folie des ouvriers drogués devenus incontrôlables. 'The Air Lock' est plus saisissant de par l'ostinato obsédant qu'installe Goldmsith aux contrebasses au début du morceau et qui servira à faire monter la tension durant la scène où l'un des ouvriers pète un câble et prend un ascenseur sans combinaison, mourant alors sous le coup de la décompression. 'The Air Lock' est une pure montée de tension parfaitement maîtrisé par le compositeur et où l'on retrouve une fois encore un jeu sur le motif de 'The Message'. La seconde partie du morceau est en fait utilisé dans une autre séquence du film, celle où l'on voit Spota déambuler à travers les couloirs de la station pour faire circuler la drogue.

Enfin, il est impossible de passer à côté de 'Hot Water', le morceau maître du score et probablement l'un des meilleurs morceaux d'action du compositeur au début des années 80. Le fameux 'Hot Water' (Masamichi Amano s'en inspirera délibérément dans 'Battle Royale' - 2000) décrit la séquence de course-poursuite effréné entre Spota et O'Niel dans les couloirs de la station. Goldsmith installe un rythme particulièrement tendu, l'action prenant véritablement le dessus alors que la chasse commence. Goldmsith utilise pour se faire un thème de trompettes qui n'est pas sans rappeler le 'Sacre du Printemps' de Stravinsky, une oeuvre qui a visiblement inspiré Goldsmith dans la partie plus action et rythmique d'Outland. Véritable tour-de-force orchestral, 'Hot Water' est une pièce d'action intense et excitante qui nous prouvait déjà dès 1980 que Goldsmith était un grand maître de la musique d'action. En jouant sur le rythme sous ses formes diverses comme le fit Stravinsky sur le 'Sacre du Printemps', Goldsmith crée là un morceau d'action au rythme trépidant et excitant à souhait. (La fameuse séquence de course-poursuite du film doit beaucoup à ce morceau) Le film se conclura sur 'Final Message' qui, après avoir repris la fin de 'The Mine', trouvera une conclusion heureuse et paisible sur le seul véritable passage harmonieux et tonal du score (en dehors d'un 'The Message' plus mélancolique d'esprit). Cette fois-ci, le motif de 'The Message' attribué à O'Niel trouvera une conclusion plus lyrique et triomphante dans le final du film qui nous permettra enfin de respirer après avoir traversé un score aussi sombre et suffoquant.

Moins original que sa précédente partition sci-fi/terreur/suspense, la musique d'Outland n'en demeure pas moins un bien bel effort de la part d'un Jerry Goldsmith toujours au sommet de son art au début des années 80. Plus basé sur le suspense que l'action, le score d'Outland est une grande oeuvre atonale qui n'hésite pas à 'exploser' lors de morceaux comme 'The Hunted' ou 'Hot Water'. Les fans du style thriller/action de Goldsmith ne pourront donc qu'apprécier cet excellent score où plane par moment l'esprit d'Alien.

Une partition complète à redécouvrir en double CD grâce aux efforts de toute l'équipe de Lukas Kendall. Filmscore Monthly

Une grande initiative BSX Records

Très belle surprise cette Première édition en CD du Score de Jerry Goldsmith pour le Téléfilm "The Going Up of David Lev" (1973) de James F Collier. Avec l'édition en 2009 du DVD aux States, il ne manquait plus que le score à éditer en CD. C'est enfin chose faîtes aujourd'hui avec BSX, qui rend, à sa manière un hommage marquant au maestro disparu il a 6 ans déjà et à l'occasion de l'anniversaire de sa mort. Il n'y a pas de doute, cette édition va vite devenir une rareté car les inconditionnels du masestro vont vite se ruer dessus. Grâce à cet effort, nous pouvons enfin découvrir cette superbe oeuvre poignante du compositeur, surtout pour ceux qui n'ont jamais vu le téléfilm ( Diffusions rare en France ). Pour cette musique, Goldsmith aborde de nouveau la tradition Juive et les instruments typiques liés à ses origines, tambourin, accordéon, flute, clarinette, guitare, violons virevoltants mais c'est surtout dans les rythmes et ruptures de tons dynamiques et soutenus que le musicien excelle. La chaleur musicale de "Justine" n'est pas loin, Jerry Goldsmith, ici dans son élément écrit pour "David Lev" un magnifique thème principal qui restera marqué dans la mémoire de tous les auditeurs et fans. Dans la ligné de "Masada" et de "QBVII", deux autres chefs-d'oeuvre du Maestro.

A écouter rapidement, c'est magnifique !

Nous reviendrons sur cette belle musique prochainement pour un analyse plus complète.

Un vrai délire créatf !

Les vacances nous ont permis de réécouter plus attentivement certaines musiques de Jerry Goldsmith dont certaines ont fait l'objet de réédition durant l'année 2009 et 2010. "The Troubles with angels" était assurément une musique idéale pour démarrer cette période avec le sourire est la bonne humeur. Ce CD est toujours disponible sur le net, soit en la commandant directement sur le site HARKIT Records, soit sur Amazone ou Price Minister ou encore téléchargeable directement moyennant achat sur I Tunes.

Le temps d'un délire musicale, notre écoute nous donna l'envie d'en ré-écrire quelques lignes... Bonne lecture à vous.

La partition orchestrale exubérante de Jerry Goldsmith apporte un charme et une énergie juvénile remarquable au film d’Ida Lupino. Composée à une époque où le maestro californien commence tout juste à se faire remarquer du grand public et de la profession, avec des partitions monumentales telles que « Freud » (1962), « The Satan’s Bug » (1965) et « The Blue Max » (1966), la musique de « The Trouble With Angels » révèle une facette plus légère et humoristique du style musical de Jerry Goldsmith. Le compositeur n’en était pas à son premier coup d’essai dans le domaine des musiques de comédie, puisqu’il écrivit ainsi en 1963 la musique de « Take Her, She’s Mine » pour le film oublié d’Henry Koster avec James Stewart et Sandra Dee. Pour « The Trouble With Angels », Jerry Goldsmith vive, exubérante et colorée utilisant toutes les ressources de l’orchestre symphonique habituel agrémenté de quelques solistes évoquant l’univers de l’école catholique de la St. Francis Academy. Ainsi, le film s’ouvre au son de l’enjoué et sautillant « Main Title » qui introduit le thème principal avec l’orchestre et quelques cloches (pour évoquer le pensionnant religieux), avant d’enchaîner sur un pur délire musical typique du compositeur : batterie/guitare basse aux rythmes typiquement rock’n roll « sixties », instrumentation colorée passant d’un instrument à un autre avec un humour ravageur et quelques touches de mickey-mousing à la limite du dessin animé (trombones en sourdine, piccolo, cordes, piano, saxophones, woodblocks, klaxon, etc.). A vrai dire, l’approche mickey-mousing délirante voulue par Goldsmith dans le générique de début est totalement justifiée par le fait que le générique est entièrement animé, la musique complétant ainsi parfaitement le caractère facétieux de ce générique. Goldsmith développe ici le thème principal exubérant et enjoué associé à Rachel et Mary tout au long du film, un thème qui évoque bien évidemment le caractère déluré et turbulent des deux adolescentes : un pur moment de délire et d’humour musical !

Avec un thème qui restera omniprésent tout au long du film, Goldsmith bâtit lentement sa partition avec une fraîcheur et une inventivité typique du compositeur. Dans « Welcome To St. Francis », le maestro conserve ce côté exubérant et mickey-mousing en développant progressivement son thème sous différentes formes - marche pleine d’ironie, versions instrumentales plus lentes, etc. - L’arrivée des deux jeunes filles à la St. Francis Academy permet au compositeur de faire s’entrecroiser l’austérité harmonique et instrumentale du pensionnant (harmonies tonales très claires et posées, cordes, etc.) et l’exubérance juvénile de Mary et Rachel (petites percussions diverses incluant un marimba, utilisation humoristique d’un orgue de barbarie, etc.). Le compositeur parvient ici aussi à glisser quelques touches d’humour, comme par exemple pour la scène où soeur Clarissa demande aux jeunes filles de se regrouper dans le bus, Goldsmith en profitant alors pour reprendre le thème sous la forme ironique d’une marche militaire, se moquant ainsi de l’autorité des religieuses dans le film. On retrouve une ambiance similaire dans « First Warning », où le morceau est néanmoins teinté de quelques touches légèrement plus sombres, avec une reprise du thème principal et le retour de l’orgue de barbarie de « Welcome To St. Francis » et de la guitare électrique ‘rock’n roll’ kitsch du « Main Titles ».

Le compositeur n’oublie pas pour autant d’illustrer, de leur côté, l’univers plus austère et sage des religieuses dans « Pot of Tea », où les harmonies de cordes deviennent ici plus posées, avec un piano aux notes descendantes et sereine, et même quelques cuivres plus solennels. On retrouve ici le thème de piccolo entendu dans l’ouverture du « Main Title ». Poursuivant dans un registre plus humoristique et délirant, le maestro nous offre avec « Dancing Lesson » un pur moment de délire musical annonçant clairement ses futurs travaux sur les films de Joe Dante : ici, Jerry Goldsmith illustre la scène de la danse de leçon avec un mélange entre rythmes rock’n roll, marche militaire et raclements de percussions accompagnant un orchestre très coloré, teinté de touches mickey-mousing amusantes. A noter que l’on retrouve ici l’orgue de barbarie qui apporte une couleur supplémentaire à la musique du film d’Ida Lupino. Le compositeur joue ainsi sur ses différentes couleurs instrumentales avec une inventivité et une fraîcheur extrême, annonciatrice de ses futures grandes partitions comédie des années 80/90 (et plus particulièrement de scores tels que « Gremlins », le segment de Joe Dante pour « Twilight Zone : The Movie » ou bien encore « The ‘Burbs »). « Lifeguard » évoque encore une fois les nombreuses bêtises et facéties de Mary et Rachel avec le retour de la batterie rock’n roll et l’apparition ici d’un synthétiseur kitsch typiquement « sixties », le compositeur en profitant pour développer pleinement son thème principal.

Dans « Sewing Circle », la musique devient alors moins exubérante et plus introspective. On entre alors dans la seconde partie du film, et la musique révèle enfin les sentiments intérieurs des personnages, et plus particulièrement de Mary, qui commence à ressentir l’envie de devenir une nonne. Quelques touches musicales légères et joyeuses parsèment encore l’ensemble (orgue de barbarie, pizzicati, etc.) avant de céder la place à un piano plus lyrique sous la forme d’une valse intime et élégante pour le personnage de Mary. La musique parvient alors à apporter une certaine émotion inattendue, après avoir développé tout au long de la première partie une atmosphère plutôt humoristique et délirante. Dans « Future Plans », la musique devient ici aussi plus sage et posée. C’est le temps de la réflexion, et pour les deux jeunes filles, le retour sur terre après avoir accumulé tellement de bêtises : ici aussi, Goldsmith évoque les sentiments intérieurs de Mary, lorsqu’elle commence à s’intéresser à la vie des religieuses et ressent petit à petit le besoin de devenir l’une des leurs. Goldsmith reprend ici le thème principal sous une forme plus lente, intime et apaisée, avec une grande délicatesse (on retrouve ici un piano qui rappelle la poésie et l’intimité du score pour le film « A Patch of Blue »). Le compositeur se fait ensuite plaisir avec « Marching Band », une fanfare exubérante qu’il a écrite pour la scène de la fanfare de la St. Francis Academy vers le milieu du film. L’aventure touche à sa fin dans « Rachel Says Goodbye », lorsque les deux amies sont obligées de se faire leurs adieux, alors que Rachel rentre chez elle et que Mary décide de rester pour devenir une religieuse. On retrouve ici quelques références au thème principal, avant d’enchaîner sur le générique de fin (« End Title »), reprenant une dernière fois le thème avec ses rythmes rock’n roll et ses sonorités instrumentales bondissantes reprises de l’ouverture.

Vous l’aurez certainement compris, la musique de « The Trouble With Angels » dévoile une facette plus humoristique et légère du style de Jerry Goldsmith, une musique fraîche et exubérante sur l’insouciance de la jeunesse, écrit par un compositeur qui semble s’être fait véritablement plaisir sur le film d’Ida Lupino. Sans être un travail majeur dans l’immense filmographie du compositeur, le score de « The Trouble With Angels » reste néanmoins l’un des plus beaux efforts du maestro dans le domaine des musiques de comédie, un genre dans lequel il brillera tout particulièrement entre les années 80 et 90. Voici donc un score frais, enjoué et coloré, porté par un sens de l’humour typique du compositeur et des orchestrations d’une grande inventivité, qui complètent parfaitement l’ambiance du film d’Ida Lupino !

Analyse réalisée par Quentin Billard. © 2010 tous droits réservés.

6 ans déjà !

LE 21 JUILLET 2004, le plus grand compositeur de musique cinématographique de tous les temps disparaissait, laissant derrière lui une oeuvre considérable et monumentale, d'une richesse sans égale. Pour nous, membres du site et pour tous les fans de ce superbe musicien, il était difficile de ne pas passer à côté cette date sans avoir le coeur pincé et une pensée profonde et sincère pour lui. Nous espérons que notre site et notre activité vous permette de rester continuellement en contact avec Jerry Goldsmith et son oeuvre, l'aventure "Musical Law" continue...

Bientôt, des nouveautés sur le site... Pascal Dupont & Quentin Billard

Expanded officiel !

Cette version étendue de la musique de "The Edge" est venue, juste avant les vacances à point nommé. A travers ces 65 minutes très soutenues, La la Land nous permet de plonger de nouveau au coeur de ce splendide score de Jerry Goldsmith qu'il composa en 1997. Une oeuvre forte et évocative qui nous renvoie directement à une autre brillante musique, celle de "First Blood" de Ted Kotcheff (1981), pour laquelle Goldsmith combina merveilleusement bien l'atmosphère d'un lieu ( la montagne, la foret ), celle des personnages et de l'action. Une aventure "sur mesure" qui permis, une fois de plus, au maestro de sortir musicalement de ses gonds. A l'occasion de cette édition et en quelques notes, revisitons ce très beau travail signé Jerry Goldsmith.

La partition du maestro pour le film de Lee Tamahori est sans aucun doute l'atout majeur de 'The Edge', un score orchestral mené de bout en bout avec une maestria et un savoir-faire exemplaire. Le score de Goldsmith est dominé par un superbe et inoubliable thème principal, entendu dans 'Lost in The Wild' (générique de début du film), thème représentant la grandeur de la nature et la beauté de ces paysages sauvages dans lesquels se retrouvent perdus les deux héros du film – Anthony Hopkins et Alec Baldwin.

Le thème principal de ‘The Edge’ possède aussi un côté dramatique particulièrement poignant, suggérant le caractère tragique de l'histoire, celui d'un homme (Anthony Hopkins) qui réajuste sa vision de la vie au cours d'une aventure initiatique et qui jette un regard amer et mélancolique sur son passé, en compagnie d'un homme (Alec Baldwin) qu'il va apprendre à apprécier comme un ami. Ce superbe thème très émouvant est exposé aux cuivres et aux cordes dans 'Lost in The Wild', une mélodie gracieuse et inspirée qui semble avoir décidément marqué bon nombre de fans du compositeur si l’on en croit les nombreuses éloges passionnées que suscite cette mélodie au sein de la communauté des fans de musique de film. Jerry Goldsmith a d'ailleurs eu la bonne idée de reprendre son thème principal pour nous en proposer dans la piste ‘The Edge’ une variation jazzy pour piano (interprété par Mike Lang), basse et batterie, idée intéressante utilisée pour le générique de fin du film, à l'instar de celui de 'The Russia House' ou de 'The Vanishing'. On sent clairement ici à quel point le compositeur apprécie son thème, étant donné la place majeure qu'il occupe au sein de la partition du film de Lee Tamahori.

Le second thème, totalement dénué de toute contingence mélodique, s'apparente à un motif sonore et sinistre utilisé lors des apparitions de l’immense grizzli, un motif macabre constitué de glissandi de trombones dissonants suggérant clairement la menace de cet ours mangeur d'homme (un effet instrumental particulièrement impressionnant et générateur de stress absolu ici!). Le motif du grizzli demeure tellement macabre tout au long du film qu'il semble vouloir personnifier l'ours comme une véritable métaphore de la mort. Ce motif terrifiant et sournois rampe dans l'obscurité, comme une créature qui serait prête à nous sauter dessus à la moindre occasion, imposant ici un climat de suspense et de tension permanente assez pesant. Le motif apparaît dans le film soi pour suggérer la présence du grizzli dans les environs, soi pour évoquer le fait que Robert et Charles vont devoir l'affronter ensemble.

Ses apparitions dans des morceaux tels que le superbe 'The Ravine' (premier affrontement avec l'ours dans la forêt) permettent à Goldsmith de développer cette atmosphère de danger avec son style action/thriller habituel, le maestro ayant ici recours à un orchestre complètement déchaîné, agrémenté de ses sempiternelles percussions action à la ‘The River Wild’, utilisant ses formules rythmiques habituelles (changements de mesure, rythmes syncopés, superpositions rythmiques ternaire/binaire, etc.). 'The Ravine' est le premier morceau d’action riche et complexe du score de ‘The Edge’, apportant une intensité extrême à cette séquence de poursuite durant laquelle Jerry Goldsmith nous rappelle une fois encore à quel point il est un maître des musiques d'action hollywoodiennes, avec une science d'écriture orchestrale particulièrement riche et brillante, mise ici au service des enjeux dramatiques de l'histoire. D’une façon similaire, 'Birds' évoque la scène où l'hydravion percute les oiseaux avec un martèlement brutal des percussions et une masse orchestrale plus sombre et agressive, intensifiant la gravité de la scène.

Le reste de la partition de ‘The Edge’ permet à Jerry Goldsmith d’accentuer à loisir le suspense du film, la tension (le motif de l'ours est toujours là pour évoquer un danger toujours omniprésent dans cette nature rude et sauvage) et certaines grandes parties d'action. Evidemment, le maestro n’en oublie pas pour autant les moments plus intimes évoquant la relation entre Charles et Robert, s'unissant pour survivre dans cette nature sauvage et hostile - on pourrait par exemple citer une excellente reprise du thème principal dans 'Mighty Hunter'. 'Bitter Coffee' demeure quand à lui plus mystérieux et intrigant, avec son ostinato mélodico rythmique qui fait régner une certaine ambiguïté au sujet des agissements de Robert et de sa relation amicale avec Charles.

Mais c'est la tension et le danger qui priment avant tout ici, avec par exemple le superbe 'Stalking' qui nous permet de retrouver l'angoissant motif du grizzli amplifié par un puissant pupitre de cuivres amorçant un nouveau morceau d'action excitant et frénétique, dans la lignée de l'incontournable 'The Ravine', et qui évoque ici les méfaits de l'ours tuant l’infortuné Stephan. Le sombre et violent 'Deadfall' apporte quand à lui un très solide crescendo de tension, accompagnant avec fureur la scène où Robert et Charles affrontent le grizzli à l'aide de pieux qu'ils ont eux-mêmes confectionnés, un nouveau morceau d'action/suspense intense absolument incontournable avec son lot de percussions sauvages et des effets de réponses contrapuntiques entre le pupitre des cuivres et des cordes, où l'orchestre et les percussions atteignent une sauvagerie rarement égalé chez Goldsmith. Le thème principal revient de façon plus dramatique et mélancolique dans 'The River', lorsque Robert, mortellement blessé à la suite d'une chute, se retrouve pris sous la protection de Charles. L’aventure touche à sa fin dans 'Rescued', morceau qui marque le retour du thème principal dans toute sa splendeur, laissant malgré tout ici une ultime touche d'amertume poignante.

'The Edge' demeure ainsi sur plus d'un point une partition riche et captivante à découvrir, autant pour les fans du maestro que pour ceux qui ne connaissent pas bien l’œuvre de Jerry Goldsmith, et qui, grâce au score de 'The Edge', pourront apprécier un habile échantillon de son style plus dramatique et intimiste, mélangé à de très solides passages d'action et de suspense d'une noirceur considérable, à l'image de cette implacable lutte sauvage entre l'homme et la nature hostile. A noter que, pour une fois, les orchestrations de la partition sont assurées en partie par Jerry Goldsmith lui-même, aux côtés de son fidèle complice de toujours, Arthur Morton. Apportant son lot de tension, de suspense et d'émotion au très beau film de Lee Tamahori, la partition de 'The Edge' constitue l'exemple flagrant d'un compositeur qui maîtrise parfaitement son sujet et apporte une personnalité musicale forte au long-métrage qu'il explore ici en profondeur, traitant de l'homme et la nature, de la lutte pour la survie, de l'amitié dans l'adversité, etc. Une superbe partition à la fois sombre et poignante, qui nous rappelle une fois de plus à quel point Jerry Goldsmith est plus que jamais au sommet de son art!

Une pièce maîtresse !

En 1978, le maestro Jerry Goldsmith écrivit un score remarquable pour le film de Peter Hyams, « Capricorn One », une composition originale et particulièrement complexe, en parfaite adéquation avec l’atmosphère tendu du film de Peter Hyams, et dont on retient plus souvent les deux excellents thèmes principaux. Goldsmith, qui avait toujours le don de se surpasser sur chaque projet (et ce quelle que soit son envergure), nous prouva encore une fois qu’un genre musical/cinématographique (ici, le domaine de l’action et du suspense) n’est jamais acquis et qu’il faut souvent se remettre en question en démarrant un nouveau projet musical. Comme beaucoup d’autres scores exemplaires du musicien californien, « Capricorn One » marqua à coup de fer rouge son fabuleux palmarès de scores réussis de la fin des « seventies ». Frôlant la perfection dans les passages de suspense et redoutablement efficace dans l’action - épaulé d’un thème principal fracassant de finesse et de justesse - « Capricorn One » reste une partition gigantesque, forte, belle, somptueuse, sans être pour autant le chef-d’œuvre absolu du maestro. Mais le plus important, c’est surtout qu’il s’agit avant tout d’une parfaite antichambre musicale aux monumentales partitions de « Alien » et « Star Trek The Motion Picture » qui allaient suivre l’année suivante.



Même si « Capricorn One » ressemble plus à un polar qu’à un film de fiction par-delà son contexte, il en va de même pour « Outland », autre thriller policier réalisé par Peter Hyams quatre ans plus tard en 1981. Sans déroger à la règle et sans prendre de risques inutiles car comme le dit le vieil adage, « on ne change pas une équipe qui gagne » - Hyams engagea à nouveau le musicien Jerry Goldsmith pour écrire la partition musicale de son nouveau film, un choix qui fit rapidement l’unanimité, le public connaissant les talents « renouvelables » et la grande inventivité du compositeur. La science-fiction et le suspense : deux genres qu’affectionne particulièrement le maestro, et, cerise sur le gâteau, le magistral Sean Connery dans le rôle principal, campant le décapant et charismatique sheriff O’Neil dans ce remake futuriste du « Train sifflera trois fois » de Fred Zinnemann, sans aucun doute l’un des meilleurs rôles de l’acteur anglais (ex-James Bond) dans sa filmographie 80’s.



Goldsmith aborda musicalement le film de manière intelligente en utilisant une thématique pour une fois assez minimaliste mais néanmoins présente, invitant le spectateur au cœur du suspense et de la menace anticipée et inexorable. Plus envoûtante que sur « Alien », l’ouverture de Goldsmith combine à merveille musique orchestrale et effets sonores synthétiques réalisés pour les messages électroniques informatifs lors du générique. En quelques notes, le ton est donné, et le maestro introduit en toute logique quelques notes du thème principal qui sera développé tout au long du superbe film de Hyams.



Pour Jerry Goldsmith, c’est le temps de la revanche, la mésaventure d'« Alien » et de son score partiellement rejeté est encore trop fraîche dans la tête du maestro. Le score de « Outland » ne sera certes pas aussi avant-gardiste que celui de « Alien » mais aura permit néanmoins au célèbre musicien de travailler sur des effets musicaux saisissants et inédits. Fidèle à ses rythmes scandés et ses ruptures de tons bien placés, Goldsmith aménage une trame symphonique stupéfiante combinant ainsi avec grande aisance, nappes sonores et silence. Rappelons d’ailleurs que Jerry Goldsmith était l’un des rares compositeurs de musique de film à avoir su profiter autant du silence au-delà de son incroyable générosité musicale. Inutile de tourner autour du pot, le score de « Outland » est une pure merveille et cette nouvelle édition 2CD que nous offre Lukas Kendall par le biais de son label Film Score Monthly va enfin nous permettre de redécouvrir cette monumentale œuvre du maestro Jerry Goldsmith.



Quelques temps après la sortie du film en 1981, le public attendit avec grande impatience la disponibilité du disque produit à l’époque par la Warner mais qui ne contenait qu’à peine 30 minutes du score de Goldsmith. Dès la première écoute, ce fut assez foudroyant, une approche similaire à celle d'« Alien » et « Capricorn One », pour l’atonalité brumeuse et l’utilisation d’un langage orchestral avant-gardiste, le tout enrobé d’un suspense envoûtant omniprésent et des climats musicaux extrêmement violents et soutenus.



La trame musicale d' « Outland » reste assez identique à celle de « Capricorn One », à l’exception de l’exposition du thème dès la séquence d’ouverture, qui s’avère être tout autant mémorable malgré tout. La partie musicale attribuée au suspense est à tirer au couteau et la fameuse scène de poursuite, « Hot Water » (scène d’anthologie pure), reste indiscutablement la musique d’action la plus complexe et la plus excitante que Goldsmith ait composé au cours de toute sa carrière, avec la séquence « The Hijacking » de « Air Force One », « Fire Dragon » de « The 13th Warrior » ou bien encore « End of a Dream » de « Total Recall ». Le morceau, très inspiré des rythmes enragés, syncopés et modernes du « Sacre du Printemps » de Stravinsky (influence majeure dans le score de « Outland »), repose sur un thème initial décapant évoluant sur plusieurs paliers d’écriture combinant développements rapides et ruptures de tons brutales. N’ayons pas peur des mots : « Hot Water » est bel et bien une œuvre dans l’œuvre !



En 1981, le travail considérable de Jerry Goldsmith fit encore mouche. Son insatiable appétit pour le travail produisait en lui l’envie de faire toujours plus, de faire mieux et autrement. Tel fut le crédo de ce merveilleux musicien repoussant constamment les limites du genre. A l’époque de « Outland », le génie du maestro ne provoquait pas d’inquiétude. L’appréhension n’existait pas, le public béophile piétinait d’impatience avant de découvrir ses nouvelles œuvres et la surprise était toujours de taille ! Quelques temps après avoir enregistré la musique de « Outland », Jerry Goldsmith entamait une nouvelle grande composition pour un film de Ted Kotcheff : « First Blood »…



« Outland » reste parmi les plus beaux souvenirs musicaux de Jerry Goldsmith, une œuvre pleine, généreuse, libre de pensée, à la fois classique et moderne (mélangeant influences de Stravinsky et Debussy). Ingénieuse, cérébrale, captivante, sombre, violente et saisissante, cette musique, comme beaucoup d’autres, demeure stupéfiante de perfection et respire la personnalité et la sensibilité de son auteur.



Mille bravos au maestro Jerry Goldsmith, qui a toujours su nous faire aimer sa musique !

Un bon "Goldsmith" des débuts !

THE SPIRAL ROAD Complete edition Varese Sarabande.

Après un long silence, revenons en quelques lignes sur un score très apprécié du début de carrière du maestro Jerry Goldsmith. Edité dernièrement par Varèse Sarabande en « Collection Club » avec un son entièrement restauré, ce CD nous permet enfin de redécouvrir une très belle partition oubliée de l’indétrônable génie Jerry Goldsmith pour « The Spiral Road » (L’homme de Bornéo), film d’aventure de Robert Mulligan datant de 1962, avec Rock Hudson, Gena Rowlands et Burl Ives.

Dès les premières notes de l’ouverture, il est intéressant de découvrir un leitmotiv musical en deux accords qui deviendra un motif récurent des derniers scores du compositeur. Deux d’entre eux nous viennent immédiatement à l’esprit : « Deep Rising » et « Star Trek Nemesis », ainsi que certains passages de « The Mummy » aussi.

Goldsmith a écrit une musique fraîche, très ouverte, lorgnant vers une tradition symphonique typiquement « Golden Age ». Le jeune Goldsmith marche ici sur les pas de ses idoles (Bernard Herrmann, Franz Waxman et surtout Miklos Rozsa). De nos références gravées dans le marbre, quelques scores d’anthologie nous viennent spontanément à l’esprit : respectivement « Anna and the King of Siam », Sayonara » mais surtout l’infernal « The Thief of Bagdad ». Le score de « The Spiral Road » s’inscrit parfaitement dans cette lignée de musiques, car sans être particulièrement novateur, la partition de Goldsmith s’impose avant tout comme une oeuvre « poétique » très riche.

Si l’on compare ce score avec ceux de « Freud » ou « Studs Lonigan » réalisés à cette même époque, « The Spiral Road » s’avère être moins intellectuel dans sa structure.

Le maestro écriva sa partition avec une trame classique mais avec quelques accords déjà bien complexes pour l’époque, épique et violent par moment mais aussi raffiné et sensible à d’autres, un éclectisme reflétant parfaitement l’état d’esprit du compositeur que l’on retrouvera dans bien d’autres scores d’action/aventure futur comme « The Mummy » ou bien encore « The 13th Warrior ».

Dans ce schéma musical récurent, le musicien introduit un thème lyrique très coloré et évocateur qui apporte à cette longue partition une structure solide quasi inoubliable. La touche « Goldsmith » frappait de nouveau, et ce dès 1962 ! Certains accords et rythmiques caractéristiques annonçaient déjà l’arrivée de grands scores du maestro : « The Chairman », « The Sand Pebbles », « The Challenge » et plus tardivement le score de « Mulan », qui à bien des égards, deviendra le score aux consonances asiatiques le plus lumineux de Jerry Goldsmith. A noter que le compositeur californien reprendra de façon adaptée le thème de « The Spiral Road » dans certains épisodes de la première saison de « Anna and the King » (1972).

Merci à Robert Townson et Varèse pour cette édition salvatrice qui n’existait qu’en album pirate de mauvaise qualité jusqu’à présent : un vrai collector !

Encore une victoire pour INTRADA !

Players Intrada Special Collection Volume 115

A peine remis de la renversante édition stéréo de « The Blue Max », qu’Intrada annoncait déjà sur son forum l’édition d’un autre score inédit du grand Jerry Goldsmith…

Il faut bien avouer que depuis quelques temps, Douglas Fake et son prestigieux label continue à faire des prouesses en éditant des scores bien rares souvent oubliés de toute la population voire même des plus redoutables collectionneurs de musique de film. Comme le dit le fameux adage, il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud : ainsi donc, les œuvres importantes du maestro Goldsmith encore inédites en CD voient progressivement le jour chez Intrada, et ce à une vitesse ahurissante. L’étau se ressert peu à peu et les titres très réclamés qui reviennent le plus souvent sont toujours les mêmes : « The Don is Dead », « The Salamander », « Pursuit » et le très attendu « The Brotherhood of the Bell », des scores particulièrement inventifs qui font office d’enluminures flamboyantes à la majestueuse filmographie du maestro.

Cette fois-ci, Douglass Fake a décidé de s’intéresser à la musique du maestro pour le très séduisant « Players » d’Anthony Harvey (1979), petit film plutôt sympathique et intimiste se déroulant entièrement dans l’univers du tennis, et pour lequel Jerry Goldsmith réalisa un score dramatique, élégant et très romantique. Point fort de la partition, un « Love Theme » assez poignant et prenant, dans la lignée de celui de « Magic », « Coma » et « The Other ». Certains passages de trompettes et piano nous renvoient subtilement à « Chinatown », « A Patch of Blue » (pour la série de 4 notes) ou annonce même par moment celui de « Under Fire » (passages à la guitare), des scores qui on fait la renommée du maestro. Le thème fédérateur d’ouverture associé dans le film au tournois de tennis, plutôt royal, annonce clairement quand à lui l’arrivée de « Rudy » ou « Supergirl », deux autres œuvres magistrales de Jerry Goldsmith.

Le score de « Players » reste écrit avec la finesse du Goldsmith des années 70, le maestro ayant décidément le don de créer des mondes sonores grandioses en captivant les émotions, surtout pour des films plus mineurs. Même s’il ne s’avère pas être le plus grand score écrit par le musicien à cette époque, « Players » n’en demeure pas moins un grand moment de musique de film, une nostalgie unique et si particulière propre à son créateur, qui nous rappelle trop souvent combien il nous manque. En 1979, « Players » permettait alors au maestro de souffler un peu, car ses projets suivants allaient définitivement marquer son existence et le monde de la musique de film à tout jamais…c’est ainsi que le compositeur écrira successivement, la même année, deux chefs-d’œuvre purs : « Alien » et « Star Trek The Motion Picture ».

Rien ne fut trop petit pour le grand Jerry Goldsmith…

Encore un beau travail de la part d’Intrada ! Restauration des pistes en stéréo et qualité sonore fortement appréciable…Merci à toute l’équipe de Douglas Fake !

Jerry Goldsmith conducts. Intrada Special Collection release limited to 3000 copies!

At last! Vibrant, passionate Jerry Goldsmith soundtrack makes world premiere CD release! Courtesy of Paramount Pictures, Intrada presents complete score from 1/2" three-channel stereo masters preserved in mint condition. Goldsmith takes inspiration from Anthony Harvey tennis competition movie with Ali MacGraw, Maximilian Schell, Dean-Paul Anderson, anchors with incredibly rousing "competition" theme replete with ultra-busy brass fanfares... en savoir plus !

The Blue Max : envolons-nous encore une fois avec Jerry Goldsmith !

Encore un looping réussi pour Intrada, le label de Douglas Fake qui s’est de nouveau fait plaisir en rééditant ce petit bijou de la musique de film écrit par un jeune compositeur montant dans les années 60, Jerry Goldsmith, un énorme travail qui lui permit à cette époque d’asseoir définitivement sa notoriété de musicien de cinéma.



« The Blue Max » de John Guillermin (1966), adapté du roman éponyme de Jack Hunter.

Musique remarquable pour un film qui l’est tout autant, avec George Peppard dans le rôle d’un jeune aviateur allemand en quête de gloire et de prospérité en 1918, entouré de stars telles que James Mason et Ursula Andress. Il est évident qu’une réédition comme celle-ci cachait bien quelque chose de nouveau : directement issue des masters originaux et attention s’il-vous-plaît, entièrement restauré en son stéréo cette édition salutaire apporte enfin une nouvelle dimension sonore à ce score jusqu’à présent représenté à travers une édition CD décevante d’un point de vue qualité sonore (le précédent album étant sorti chez le label Legacy Records). Pas de grand « plus » dans cette nouvelle édition si ce n’est quelques minutes par-ci par-là ! Douglass Fake va jusqu’au bout de ses ambitions et valide le score jusque dans ses moindres recoins. Décidément, Noël n’est pas encore terminé, les cadeaux semblent encore tomber de partout ! Merci à toute l’équipe d’Intrada pour ce challenge ! De telles partitions méritent bien une qualité sonore digne de ce nom. Aujourd’hui en tout cas, la technologie le permet enfin !

Un score impressionnant de par son écriture et l’ampleur de ses orchestrations, d’une grande richesse pour l’époque, une partition qui représenta un grand tournant dans la vie du grandissime maestro Jerry Goldsmith.

Une nouvelle écoute s’impose. Accrochez- vous, ça décoiffe !

Poster créé exclusivement pour notre site non commercial © Photos Droits Réservés - D'aprés les images du film

Une édition CD/originale pour le score « Islands In The Stream »

2010 démarre fort avec cette édition originale d’un des scores favoris du maestro Jerry Goldsmith, "Islands In The Stream" (L’île des adieux) chez l'éditeur FSM.

La musique du film de Franklin J. Schaffner repose sur une série d’orchestrations très colorées typiques de la patte symphonique du Jerry Goldsmith des années 70, réalisée à une époque où le musicien commençait à utiliser plus régulièrement les synthétiseurs dans ses musiques. « Islands In The Stream » constitue un bien bel hommage au lyrisme symphonique du 19ème siècle que le compositeur maîtrise parfaitement afin de l’accommoder à son propre style musical, incluant des orchestrations très riches typiques de ce que Le maestro écrivit dans les années 70. La conclusion s’impose donc d'elle-même : « Islands In The Stream » est une partition majeure à (re)découvrir, un autre sommet dans la collaboration Goldsmith/Schaffner.

Un film remarquable, plein de poésie, d'amour et de tendresse avec des acteurs extraordinaires. Une superbe carte postale dédiée à la Mer... Une passion pour les uns, un malheur pour les autres. Le film de Schaffner permet ainsi au compositeur, une fois de plus de fournir le meilleur de son talent . L'oeuvre est d'une clarté sans égal, légère comme le vent mais également féroce et saillante comme le pic de l'espadon. Pour l'action le maestro défoule les rythmes, martèle l'eau à coup de piano et entrecroise les harpes au fond marin. Nuances des îles et accélération de violons, l'attaque de Tommy par un requin marteau au début du film est musicalement, un véritable joyau d'anthologie. Une telle pièce nous permet mieux de comprendre pourquoi cette partition fut longtemps mise en exergue par son auteur.

Une galette complète donc, et un son stéréo entièrement restauré pour ce superbe score qui, jusqu'à présent, n’était disponible qu’à travers un réenregistrement effectué en 1986 par le compositeur lui-même avec l’orchestre symphonique de Hongrie en présence du metteur en scène Franklin J. Schaffner (album disponible chez le label Intrada, réédité d’ailleurs à deux reprises), une édition un brin frustrante et trop froide, qui n’arrivait pas à retranscrire pleinement toute la chaleur et les couleurs créées par Jerry Goldsmith en 1977, un compositeur toujours très inspiré par son sujet et heureux de retrouver son ami et grand complice de toujours, Franklin J. Schaffner. Cette première édition du score chez Intrada fut donc une petite déception, qui réussit malheureusement à nous faire oublier pendant toutes ces années combien cette musique était lumineuse et fraîche.

Un point fort également dans cette nouvelle édition, un long segment d’action pur, « Eddie’s Death », qui figurait dans certain bootleg et surtout dans l’album promotionnel original, couplé à l’époque avec une suite symphonique et synthétique du score de « The Reincarnation Of Peter Proud », portant la référence JG 666…



Enfin, il est grand temps de se débarrasser de toutes ces éditions incomplètes et autres bootlegs à sept, neuf ou douze pistes qui, bien souvent, étaient accompagnés d’un souffle abrutissant qui n’avait absolument rien à voir avec la douceur bienfaisante du son du vent dans le film.

Lukas Kendall et l’équipe de Filmscore Monthly palie enfin à ce grand préjudice et nous restitue par le biais de ce nouveau support discographique une version originale intacte avec, cerise sur le gâteau, des pistes restaurées qui nous permettent enfin de redécouvrir ce joyau de la musique de film. Une œuvre profonde, émouvante, sentimentale, nostalgique, du pur Goldsmith qui permis de renforcer le jeu incomparable de George C. Scott, acteur fantastique et inégalé, comme toujours. Jerry Goldsmith confia même à l’époque lors de divers interviews avoir été conditionné par la prestation de l’acteur pour qui il avait beaucoup d’admiration. Une œuvre superbe et un grand « classique » au sens large du terme… Bravo à Filmscore Monthly !

Poster exclusivement créé pour notre site non commercial. © droits reservés - Images du film/Paramount



Pour en savoir plus sur ce score remarquable score, rendez-vous dans notre catalogue « Filmographie » en 1977.