Très bonne année 2012 à tous les fidèles de Jerry Goldsmith

Chers visiteurs et inconditionnels de Jerry Goldsmith, l'année 2011 fut assez riche concernant l'actualité discographique du maestro, certaines éditions CDs comme "Star trek The final Frontier" et "First knight" en version complète de La la Land ont certainement fait le bonheur de plus d'un fan, sans parler du "Brotherhood of the bell" et un officiel complet du score original de "Masada" d' Intrada, que l'on espéré plus.

Ces derniers mois ont été également marqué par deux autres rééditions de scores indispensables du musicien : d'abord celui de "Tora Tora Tora", magistrale oeuvre exotique et martiale, chez Lala Land mais aussi celui de "The Send Pebbles", oeuvre phare de Goldsmith dans un registre non moins exotique. Encore une édition de plus nous diriez-vous mais quel fan ne pourrait résister à une nouvelle version de cette splendide musique avec des "petits plus" particulièrement intéressants, des pistes inédites en stéréo et un "son" très bien restauré. Il est temps de revendre nos anciens CDs de ce titre et de se procurer sans attendre celui d'Intrada !

Mais Noêl c'est avant tout la magie et la joie, et question atmosphères féériques, Jerry Goldsmith en connaissait un "sacré" rayon. Ils nous a donc semblé important de mettre l'accent sur deux éditions exceptionnelles qui ont vu le jours dernièrement grâce aux efforts toujours d'Intrada et de Filmscore Monthly (Rétrograde) avec respectueusement : EXPLORERS et GREMLINS, deux scores époustouflants de créativité qui font incontestablement partie du "top du top" de la musique de Films.

Afin de vous souhaiter de très bonnes fêtes, nous avons souhaité avec Quentin, vous replonger en quelques lignes au coeur de ces deux extraordinaires musiques signées Jerry Goldsmith.

Très bon réveillons en musique et une pensée énorme pour le plus grand de tous : Jerry Goldmsith

Pascal Et Quentin.

Gremlins, Explorers, des éditions CD indispensables...

Tout d'abord, remercions respectivement ces deux maisons d'édition que sont Intrada et de nous permettre enfin d'accéder à ces deux partitions fabuleuses de Jerry Goldsmith dans des versions intégrales et surtout officielles !

Gremlins >Retrograde Records / Film Score Monthly

Explorers >Intrada Records



Avec Gremlins, Jerry Goldsmith nous offrit en 1984 sa partition la plus inventive et la plus délirante de sa carrière, en tout cas, un sommet dans sa filmographie 80’s. Véritable film culte des eighties, « Gremlins » marqua les retrouvailles entre Jerry Goldsmith et le metteur en scène Joe Dante, un an après le segment « It’s a Good Life » de « Twilight Zone the Movie ». Sur « Gremlins », Dante offrit la possibilité au musicien d'oeuvrer avec une grande liberté sur le film, soutenu par Steven Spielberg à la production, qui avait déjà fait appel aux talents de Goldmsith sur « Poltergeist » en 1982.

Peu de partitions possédent une telle richesse dans les thèmes, les variations, les nuances et les ambiances. Pour le musicien californien, plus de limites, il faut transgresser tous les codes : liberté rime avec ouverture d'esprit et créativité. Ce fut le cas pour cette fabuleuse musique, le musicien de « Star Trek » et de « Alien » réitére encore une fois sa volonté d'explorer l'inconnu musical en nous offrant ainsi une partition mouvementée, drôle, étrange, sombre mais aussi légère et parfois poëtique et magique. Le musicien usa sans limite de tous ses talents : on ne dénombre plus tout au long du score les nombreuses ruptures de tons, les décalages rythmiques souvent très marqués et parfois plus discrets ou dissimulés. On y trouve également des variations progressives étranges parfois quasiment in_dites, avec un sens de la fantaisie cher au compositeur. Des sonorités électroniques/artificielles proches d'effets vocaux ou de miaulements étranges de chats, des envolées orchestrales poëtiques, fraîches et empreintes d'une mélancolie et d’un lyrisme épatant, des déchaînements orchestraux fantaisistes et virtuoses, des passages parfois plus lugubres et inquiétants, à l’image des petits monstres de Joe Dante qui terrorisent la ville le soir de noël, etc. « Gremlins » est un score inventif, énergique et parfois même décalé, à l’image du film de Joe Dante : il règne dans cette oeuvre une somptueuse poésie nostalgique et une redoutable folie typique d’une époque révolue.

Avec « Explorers » (1985) de Joe Dante, écrit un an après « Gremlins », le musicien, toujours aussi inventif, joua la carte de l'aventure, de l’émotion et de la découverte. Moins décalée mais encore plus chaleureuse et nostalgique, la partition musicale de « Explorers » nous invite cette fois-ci à la passion pour l'action et les émotions, deux domaines que Jerry Goldsmith maîtrise parfaitement dans sa musique. Certains films permirent à Jerry Goldsmith de briller encore plus qu' à son habitude et de nous offrir des musiques d'une fraîcheur exceptionnelle lorsque le film et son sujet le lui permettait. Ce fut le cas pour cette perle musicale que fut « Explorers », partition restée très populaire auprès des fans du compositeur, et ce malgrè l’échec commercial retentissant du film de Joe Dante en 1985 (qui fut terminé dans l’urgence et bâclé au grand dam du réalisateur). « Explorers » est une partition brillante aux envolées aventureuses dans la plus pure tradition des scores d’aventure écrits par Goldsmith des les années 80, servi par des thèmes mémorables (la construction de l’appareil, le thème du rêve, le motif amusant du copain extra-terrestre, etc.), des orchestrations très riches et des sonorités électroniques inventive, une des partitions les plus longues pour Goldsmith en cette année 1985 avec quasiment près d’une heure 20 de musique. Jerry Goldsmith déclara d’ailleurs lors d’une interview :

«Joe Dante offrit une large place à ma musique dans « Explorers ». C'est fantastique de voir un metteur en scène qui s'intéresse autant à la musique de ses films. Il y avait une nécessité d'en mettre beaucoup car la musique se plaçait surtout sur les scènes d'action, et dans le film, il y en a pas mal, et ce au détriment des dialogues. Actuellement dans les films, l'action prime souvent et la musique s'en trouve augmentée. Continuer de travailler avec Joe est un grand bonheur, car il aime tout ce que je fais. Il est ''particuliérement créatif et farceur, nous nous amusons beaucoup tout en travaillant dur.

"Gremlins" était un film dingue, et musicalement, nous avons été dans ce sens. "Explorers" est un film beaucoup plus poétique et je me devais d’explorer ce concept en musique. Cette histoire de trois jeunes garçons malheureux en famille nous à incité à donner cette couleur poétique à la musique. Le générique de début est très enlevé et en dit long sur ce que l'on va découvrir dans le film. Je n'ai pas eu assez de temps pour écrire cette musique car il y avait beaucoup d'effets spéciaux et ces nouvelles technologies prennent souvent ''plus de temps au détriment de la musique qui reste le parent pauvre de la post-production.»



« Explorers » reste une de ces partitions exceptionnelles écrites par le musicien en 1985, qui venait de terminer « Rambo II », « Legend », « King Solomon’s Mines » ou bien encore « Baby » : rien que cela ! Dès l'ouverture, le ton de l’aventure est donné : le style est lumineux, entraînant et richement rythmé. Élément caractéristique présent du début jusqu’à la fin, c'est le charme de la musique qui prime avant tout dans cette partition, avec le talent d'un compositeur à l'imagination fertile dont les mélodies possèdent à chaque fois un indéniable pouvoir de séduction soutenu par une orchestration riche qui combine à point nommé fraîcheur, vivacité et émotion, une partition qui s'écoute avec délectation, même dans ses passages les plus agités et les plus mélancoliques, un grand moment de musique : merci, monsieur Goldsmith !

La La Land édite Bad Girls, western féminin doublé d’une symphonie musclée !

Avec « Bad Girls », le maestro Jerry Goldsmith tenta d'aborder de nouveau le registre de la musique western mais sans véritablement renouer avec le style de ses anciennes partitions telles que « Bandolero », « Rio Lobo » ou bien encore « Hour of the Gun ». Pour Jerry Goldsmith, « Bad Girls » est avant tout un film d'action 90’s qui lui permit de développer à nouveau des formules orchestrales post « Total Recall » et d'asseoir définitivement son style action qui deviendra prédominant au cours de la seconde moitié des années 90.

En ce sens, « Bad Girls » est absolument symptomatique du changement de style qui s'est opéré entre les musiques de Goldsmith pour les westerns des années 70 et sa musique d'un western typiquement 90's comme « Bad Girls » : les orchestrations se sont considérablement simplifiées, et l'incroyable complexité virtuose de ses anciennes musiques western céde aujourd'hui la place à des partitions plus formatées et certainement moins inventives, mais néanmoins toujours aussi réussies, témoignant du savoir-faire d'un compositeur toujours aussi actif et inspiré. Sa musique apporte finalement action et émotion au film de Jonathan Kaplan, sans chercher pour autant à laisser un quelconque souvenir impérissable à l'auditeur/spectateur : ici, la notion de plaisir immédiat est plus que jamais évidente, que ce soit dans l’écriture musclée et virtuose des morceaux d’action ou dans la qualité du très beau thème principal associée aux héroînes du film.

« Bad Girls » fait donc partie de ces partitions mineures de Jerry Goldsmith, mais comme toujours avec le maestro, on ne peut s'empécher d'apprécier un travail de qualité inspirépour un film qui, une fois encore, n'avait pourtant rien de vraiment inspirant. La nouvelle édition CD publiée par La La Land nous permet enfin d’apprécier l’intégralité du travail du compositeur sur ce score souvent sous-estimé mais pourtant plein de charme et n’énergie !

Un score complet de "The great train robbery"... Plus qu'un must !

"JERRY GOLDSMITH POSSÉDAIT L'ART SUBTIL DE JOUER PAR TOUCHES AU MILLIEU DES EFFETS ORCHESTRAUX LES PLUS EXHUBÉRANTS, PROUVANT À CHAQUE INSTANT LA SURETÉ DE SON ORCHESTRATION ET SA PRÉCISION SUR L'IMAGE"

En 1979, il était difficile de dire qu'une partition de Jerry Goldsmith était meilleure qu'une autre. Dans un même registre tel que celui de la science Fiction, il arrivait au maestro de se surpasser dans les sphères les plus hautes jamais explorées en musique de films. Avec l'unique "Star trek, the motion picture", et "Alien" le maestro nous combla de joie. Son Style unique, vigoureux et son esprit inventif imprégna chaque note qu'il écrivit à cette époque. Il arrivé même au maestro, entre deux énormes partitions, d'en loger une troisième voir une quatrième... Ce fut le cas pour le film de Michael Crichton "The Great train Robbery" en 1979, pour lequel Jerry Goldsmith innova encore, en nous offrant une partition très stylée dans un univers "pastiche" . Plus besoin de confirmer l'éclectisme du musicien de Los Angeles qui confirmait son sens inné de la création et son insatiable envie de surprendre. Par mélange affiché des genre, "The Great train Robbery" marqua de nouveau un tournant dans la carrière du compositeur comme avait pu l'être "QB VII" ou "Planet of the Apes". Parmi tant de qualités et de mérites, reconnaissons à Jerry Goldsmith celle de ne jamais être resté sur ses acquis. Redécouvrez grâce à la nouvelle édition cd d'INTRADA, cette remarquable musique au accents vifs, orchestrée et dirigée avec maitrise et sureté, dans un ton proche de celui des westerns. Une musique qui ne se prend jamais au sérieux tout en étant très sérieuse et qui exprime une sorte de fantaisie débridée,rarement dramatique et toujours agréable à redécouvrir et réécouter.

Pascal Dupont

Lalaland, Jerry Goldsmith forever ...

Forever young , Sleeping with the enemy, de nouvelles éditions

Le Label La la Land nous permet aujourd'hui de redécouvrir ces deux superbes partitions du grand Jerry Goldsmith par le biais de ces nouveaux CDs comportant des sections musicales manquantes et des versions alternatives de certains morceaux. De réels manques comme d' habitude... Beaucoup de fans y trouveront leur compte, d'autres préféreront les albums originaux présentés respectivement par Big Screen Records et Columbia Records avec un track-liste sélectif précis, proposé à l'époque par le musicien qui jugea avoir mis l'essentiel de ses musiques.



Symphonie pour le passé… Jerry Goldsmith ou l'art de toujours bien écrire !

La partition de « Forever Young »,fut écrite la même année que « Basic Instinct » et « Medicine Man », deux géants scores de Jerry Goldsmith. Elle apporte au long-métrage de Steve Miner une vraie sensibilité toute en sobriété à travers un Love Theme simple et touchant, sans omettre d'explorer tout le caractère aventureux de l'histoire avec cette véritable course contre la montre du personnage de Mel Gibson, en quête de réponse dans cette histoire d'expérience et de voyage dans le temps. Si l'on appréciera le charme des passages intimistes aussi minimalistes que touchants (« The Diner »), on appréciera aussi l'exubérance et le caractère entraînant et puissant des morceaux d'action qui ponctuent la partition de « Forever Young ».

Pour Jerry Goldsmith, le film de Steve Miner représenta l'occasion rêvée d'exprimer à la fois ses deux penchants pour les musiques romantiques et les grands déchaînements d'action à la «Total Recall » (la violence et l'extrême complexité en moins !), tout en développant une série de thèmes et motifs comme à l'accoutumée, et ce avec un savoir-faire évident. L'album de La La Land nous propose ainsi l'intégralité du travail du compositeur sur le film, dévoilant au passage des morceaux inédits non utilisés dans le film, des passages tronqués lors de la version finale, et des versions album avec ou sans parties électroniques. Le score de « Forever Young » est malheureusement tombé quelque peu dans l'oubli au fil des années, mais grâce à la réédition de La La Land, les fans de Jerry Goldsmith pourront enfin redécouvrir cette très sympathique partition mélangeant action et romantisme avec brio et doigté, agrémenté d'une série d'inédits de qualité et un son très satisfaisant. Après avoir écrit le score « Warlock » en 1989, Jerry Goldsmith retrouva de nouveau Steve Miner sur « Forever Young » en 1992, avec cette nouvelle partition qui est en adéquation parfaite avec les images du film, Goldsmith illustrant ce mélange d'aventure et de romantisme avec un savoir-faire incontestable et une sensibilité évidente. La partition se structure principalement autour de deux thèmes majeurs, le très beau « Love Theme » typique du compositeur et le thème d'aventure lié à Daniel, le pilote d'essai incarné par Mel Gibson. Jerry Goldsmith évoque cette jolie histoire avec un certain entrain et un ton d'aventure assez prenant sans être pour autant ce que le compositeur a fait de mieux dans ce domaine. Ainsi, le film s'ouvre sur l'excellent « Test Flight » qui nous fait rentrer d'emblée dans le partie aventure du film. Orchestrations cuivrées typiques du compositeur et basse synthétique en continu, ce morceau nous permet déjà d'entendre une brève version du thème de Daniel (surnommé aussi le « Flying Theme » ou « thème aérien »), tout en créant d'emblée une certaine rythmique assez prenante - surtout au niveau des ponctuations de percussions typiques du compositeur. Après un début orienté aventure/action, « Test Flight » prend ensuite une tournure plus rythmique et percussive nous permettant de retrouver encore une fois le grand Jerry Goldsmith des musiques d'action, dans cette première scène où Daniel teste un avion de manière fort dangereuse.

Peu de temps après, le pilote casse-cou tente de demander sa fiancée en mariage (« Will You Marry Me ? »), le maestro californien nous offrant ainsi son deuxième thème, le très beau « Love Theme », écrit ici pour flûte avec cordes et piano électrique dans un registre plus intime qui rappelle quelque peu le score du film « Love Field » (1992). A noter que l'album publié par La La Land nous propose une version très romantique de ce « Love Theme » avec saxophone, brillamment interprété par Joel Peskin, version malheureusement absente du film. Ce très beau thème souligne la sensibilité évidente de Jerry Goldsmith, toujours très à l'aise lorsqu'il s'agit d'évoquer les sentiments et les émotions intérieures des personnages, et la simplicité mélodique du dit thème apporte une touche d'émotion et de nostalgie indéniable dans le film. A noter que le score nous propose aussi d'autres thèmes, comme le motif dramatique des regrets de Daniel, entendu au début de « Hit and Run/Breaking Down The Door », repris ensuite au début de « The Experiment », sans oublier un autre motif confié à un clavier électrique, plus répétitif et entêtant associé à l'expérience et aux militaires (« The Experiment ») et un autre thème intimiste entendu au piano dans « Time To Leave », associé à l'amitié entre Daniel et son vieil ami Harry, qu'il retrouve alors en 1992 (cf. « Kitchen Aid » et « I Was Wrong »). Le motif militaire de « The Experiment » est assez présent pendant une bonne partie du film, rappelant l'intrigue autour de l'expérience de cryogénisation de Daniel, tandis que le « Love Theme » dominera quand à lui tout le milieu du film pour la romance naissante entre les personnages de Mel Gibson et Jamie Lee Curtis (« The Diner », « Best Friends » et « Reunited »).

Les choses commencent à s'aggraver après que la fiancée de Daniel soit tombée dans le coma, et c'est avec le résigné et néanmoins déterminé « The Experiment » que notre héros accepte de participer à l'expérience de cryogénisation jamais encore tentée sur un humain. Le reste du score servira à développer essentiellement dans le film les deux aspects de l'histoire : l'aventure et le romantisme, deux axes servis par leurs thèmes respectifs, et les motifs secondaires qui tournent tout autour (le motif militaire/de l'expérience, le motif d'amitié de Daniel et Harry, le thème des regrets). « Kitchen Aid » évoque quand à lui la relation naissante entre un Daniel meurtri et une Claire qui n'arrive pas à construire une relation durable (formation restreinte ici avec le piano intime et les cordes baignant toujours dans cette atmosphère de nostalgie douceâtre). Le synthétiseur apparaît dans « The Diner » pour renforcer le caractère plus poétique de ces quelques passages romantiques qui ont tendance à se faire plus discret dans le reste du score, hormis peut être vers le milieu du film. Avec « She's Alive », on repart enfin en plein coeur de l'aventure avec un excellent morceau d'action de Jerry Goldsmith lorsque Daniel fonce retrouver Helen qui est toujours vivante. On retrouve ici le style action musclé, les rythmiques synthétiques et les orchestrations typiques de scores d'action 90's tels que « Total Recall » ou bien encore « Basic Instinct ». L'histoire aboutit au long et intense « Reunited », qui nous propose un final de 7 minutes assez prenant, permettant à Jerry Goldsmith de prolonger le style action du score pour la séquence de l'atterrissage difficile de l'avion près de la maison d'Helen (à noter ces ponctuations percussives assez violentes, reprises en partie de « Test Flight »). Le maestro reprend ici le « Flying Theme » héroïque de Daniel pour aboutir à une conclusion éminemment romantique lors d'une ultime reprise orchestrale du très beau « Love Theme ». Quoiqu'il en soit, on ne pourra pas omettre de mentionner l'apport indispensable de ces superbes morceaux d'action, qui, en dehors du très beau thème romantique, apportent un vrai tonus à la partition somme toute assez éclectique de « Forever Young ». En vérité Jerry Goldsmith aurait été apparemment très touché par le film de Steve Miner pour des raisons personnelles , les passages avec la mélodie romantique s'avèrent être souvent bien plus ternes et faciles en comparaison des mastodontes symphoniques que sont « Test Flight », « She's Alive » ou bien encore le spectaculaire et grandiose « Reunited », qui demeurent malgré tout l'attraction majeure de la musique de « Forever Young » dans le film.

Sleeping with the enemy, une alchimie synthético-orchestrale !

Le score thriller/suspense de 'Sleeping With The Enemy' est assez surprenant aux premiers abords et devient assez vite attachant de par son utilisation assez fréquente d'un très joli thème principal qui évoque très clairement le personnage de Laura Burney. Le film s'ouvre donc aussi sur l'excellent thème de Laura ('Morning On The Beach') qui sert d'unique thème principal à toute la partition et que le compositeur utilisera énormément tout au long du film, peut être même de manière un peu trop fréquente. Soutenu par un léger petit accompagnement de synthé cristallin, avec cordes et harpe/piano, c'est une flûte très délicate qui entame la très belle mélodie de ce véritable leitmotiv de l'héroïne du film. A travers ce thème en apparence romantique et nostalgique à la fois, Goldsmith évoque le côté innocent de cette jeune femme en quête de paix qui cherche un nouveau départ dans sa vie difficile auprès d'un mari brutal et maniaque qui ne cesse de la maltraiter depuis plusieurs années. 'Morning On The Beach' introduit donc le thème principal alors que Laura se trouve au bord de la plage en train de ramasser des coquilles près de la maison de Martin au bord de la mer. Ne pouvant plus continuer à vivre ainsi, Laura décide de disparaître définitivement et se fait alors passer pour morte. C'est ainsi que l'on retrouve une fois encore le thème principal développé à l'orchestre dans 'The Funeral' (surtout confié aux cordes) pour la scène où Martin va aux 'fausses' funérailles de sa femme pendant que cette dernière se trouve dans un bus en direction d'une autre ville.

Le score de Goldsmith possède très clairement deux facettes bien distinctes autour desquelles la partition se structure de manière très efficace dans le film. La première facette est la partie plus lyrique, harmonique et mélodique du score où le thème principal apparaît la plupart du temps sous différentes formes et toujours développé à l'orchestre (et le synthé ici encore assez doux, privilégiant les sonorités cristallines comme dans 'Morning On The Beach'). Mais la seconde partie évoque le côté thriller du film avec de superbes passages de suspense vraiment prenant et d'ailleurs assez surprenant de la part du compositeur. La partie suspense arrive d'ailleurs plus tard dans le film, à peu près à la moitié de l'histoire, lorsque Martin découvre la supercherie de Laura (c'est 'Thanks Mom' qui introduit la partie suspense du score sur l'album). Un morceau comme 'Spring Cleaning' évoque la nouvelle vie paisible de Laura/Sarah en utilisant un piano plus aérien et des cordes/vents nettement plus paisibles dans un des passages plus lyriques et reposants du score qui évoquent cette seconde chance pour Laura qui semble revivre à nouveau. Une fois encore, son thème apparaît dans le morceau, développé ici autour des vents et des cordes, Goldsmith ayant crée un véritable leitmotiv émouvant pour ce personnage féminin. En réalité, le premier morceau agité de style action apparaît dans 'The Storm' pour la scène de la tempête sur le bateau qui sert alors de prétexte à Laura pour disparaître définitivement. On retrouve les orchestrations habituelles du compositeur qui, tout au long de sa partition, mettra plus souvent les cordes en avant.

Mais ce sont étrangement les passages de suspense qui semblent être les plus réussis et les plus intéressants dans le film. Dans 'The Ring', les ennuis commencent alors que Martin découvre la supercherie de Laura en trouvant son alliance au fond de la cuvette des WC plus un coup de fil d'une de ses amis qui lui met la puce à l'oreille. Goldsmith transforme le côté auparavant paisible de son orchestre en tension pure et dure, les orchestrations et les harmonies devenant subitement beaucoup plus sombres et agitées. Le compositeur utilise aussi des sonorités plus sombres comme par exemple ces sons de cloches qui apparaîtront très souvent dans les morceaux suspense du score ('The Ring' fait un peu penser aux passages action de 'Total Recall'). Evidemment, l'arrivée de ces passages de suspense ne font pas disparaître les utilisations du thème principal qui reste toujours présent pour évoquer la nouvelle vie de Laura. Mais le thème (un peu trop fréquentes dans la première partie du film) est nettement moins présent dans cette seconde partie du film plus dans l'esprit thriller/suspense où Martin se lance à la recherche de Laura. 'The Carnival' est très sombre et évoque le côté suspense du film dans lequel Goldsmith fait une utilisation plus nette du synthétiseur en associant des sonorités lugubres au personnage fou de Martin qui a retrouvé dans cette scène Laura dans une fête foraine en compagnie de son nouveau mec, Martin les dévisageant tout les deux avec un regard haineux terrifiant. Tendu et très dur, 'The Carnival' fait déjà monter la tension, au même titre que le superbe 'Thanks Mom' qui nous propose aussi un usage très astucieux des différentes sonorités sinistres du synthétiseur, le tout englobé dans une véritable ambiance de peur et de suspense.

Comme nous l'avons déjà mentionné au dessus, les parties suspense du score de 'Sleeping With The Enemy' sont vraiment surprenantes de par cette utilisation très travaillé du synthé et la quasi absence des clichés orchestraux habituels du compositeur (très peu de cordes stridentes dans ces morceaux, pas de cuivres agressifs comme on en trouvera dans 'Malice' ou plus tard dans 'The River Wild' par exemple, pas de grosses percussions brutales, etc.). Le très sombre 'Thanks Mom' est le pur passage de suspense par excellence, un peu comme le ferait Christopher Young dans un thriller: nappe de synthé tendue, sons électroniques à la fois sombres et menaçants (on retrouve les sons de cloches attribués au sentiment de menace évoqué par la présence de Martin dans les environs), le morceau trouve sa voix lorsque le mari fou de Laura se trouve dans l'hôpital où Laura est venue voir sa mère, et qu'il décide alors de venir l'interroger en se faisant passer pour un policier qui recherche sa fille. 'The Carnival' augmente ainsi d'un cran la tension qui atteint évidemment son apogée dans 'Remember This', l'inévitable scène de confrontation finale (NDLR: il faut mentionner l'intrusion aussi inattendue que surprenante d'un très bref extrait de 3 ou 4 secondes issu de 'Atmosphere Station' du score d'Aliens de James Horner, probablement du aux temps-tracks du film? L'utilisation de ce très court passage issu d'Aliens d'Horner apparaît au moment où Julie voit passer quelqu'un derrière elle dans le reflet d'une fenêtre). 'Remember This' finit plus de manière violente dans un style orchestral et plus action/thriller où l'on retrouve l'influence de scores tels que 'Poltergeist' ou 'Total Recall', 'Remember This' étant le final parfait pour ce petit thriller.

Au final, 'Sleeping With The Enemy' est un score de thriller/suspense plutôt réussi même si l'on regrettera l'absence d'un second thème qui aurait put permettre à Goldsmith d'éviter la monotonie qui s'installe dans la première partie du film avec un usage trop répété de son thème principal. Heureusement, certaines parties de suspense du score sont à la fois étonnantes et réussies (surtout dans le film où elle créent une ambiance de peur parfaite) et permettent d'apporter un contrepoids essentiel au style plus mélodique et lyrique du reste de la partition.

Analyses réalisées par Quentin Billard . Egalement sur Goldenscore.fr...

Évocation 100 % Goldsmith !

"Masada" est l’adaptation télévisée du roman d'Ernest K.Gann, "The Antagonists", connu également au cinéma sous le titre éponyme. Cette mini-série réalisée en 1981 par le vétéran de la télévision américaine Boris Sagal et interprétée par les exellents Peter Strauss et Peter O’Toole, avait offert la possibilité au compositeur Jerry Goldsmith d'écrire une remarquable partition et un des plus beaux thèmes de toute sa carrière. L'édition DVD française de 2009 nous avait enfin permis de redécouvrir cette série rarissime en France et d’apprécier à nouveau l'impact de l’œuvre de Jerry Goldsmith sur ces images épiques.

Il s’agit de l’opus phare du musicien de Los Angeles dans sa période des années 80, œuvre qui prit toute sa valeur de par son inoubliable thème principal, leitmotiv central de la série, à la fois évocateur et transmetteur d’un message d'espoir, un thème cher à Jerry Goldsmith, qui exprima avec maestria et émotions ses origines et toute l'histoire d'un peuple dispersé et continuellement persécuté. Le musicien nous délivra ainsi ce magnifique thème devenu indispensable dans ses programmes de concert, un thème qui exprime à chaque fois le même sentiment grandiose et fédérateur, le cri de tout un peuple, le souvenir perpétuel de toute une communauté à la recherche de sa terre, de son pays, de ses origines.

Véritable concentré d'émotion, l'oeuvre de Goldsmith nous réveille, nous enchante, nous transporte dans cette épopée juive et touche notre moi profond, un travail révélateur, certes, du potentiel inépuisable du compositeur qui, d'un énième tour de force orchestral, nous rappela encore et encore son très haut rang de musicien incontournable du cinéma.

Avec ce double CD fraîchement édité, Intrada nous offre enfin l'occasion d'apprécier et de redécouvrir la partition originale complète de cette mini série qui ne pourra que séduire les fans et autres inconditionnels du maestro Goldsmith, et ceux du compositeur Morton Stevens ( "Hawaii Five 'O", "Detroit", "Matt Helm", "Police Woman", etc.), qui a assuré les scores du troisième et quatrième épisode en reprenant les thèmes de Goldsmith pour proposer un travail d'adaptation et de développement assez abouti, et ce même si le score de Stevens est en lui même bien moins intéressant que ne l'était celui de Goldsmith. Mais l'unité thématique et le travail de développement de la partition y est. Voici donc une édition indispensable pour les puristes et les inconditionnels des scores originaux de "Masada", présenté pour la première fois dans une version intégrale et entièrement remasterisée. Certains préféreront l’Intrada au réenregistrement édité en 1985 par Varèse Sarabande (qui possède des qualités d'orchestration et un son d'enregistrement offrant un relief et des contrastes supplémentaires à l'écoute), d'autres non : libre à tous d'apprécier son édition préférée !

Le Score…

Superbement orchestré, il évoque le siège historique de la citadelle de Masada en Israël près de la mer morte par des légions de Flavius Silva en l'an 73... Avec ses sonorités orientales et ses accents guerriers, "Masada" est un score tendu qui raconte cette dramatique prise de la forteresse réputée imprenable, et ce depuis plus d'un siècle. Le thème des rebelles juifs est assez populaire parmi les grandes mélodies de Jerry Goldsmith. Moins connu que ceux de "Star Trek" ou de "Patton", le thème des juifs n'en demeure pas moins mémorable, exprimant avec un certain entrain la ténacité de la communauté juive avec ses aspects de mélodie populaire. Goldsmith exprime la bravoure de ces hommes et leur aspect valeureux, à travers des accents rythmiques/mélodiques enjoués et rythmés. Quand au thème des Romains, il est bien évidemment totalement différent : moins mélodique, il se distingue par ses cuivres et ses accents guerriers qui suggèrent sans équivoque le caractère militaire et le danger qu'ils représentent pour les rebelles de Masada. L'un des grands moments de la partition, qui est aussi celui que le compositeur lui même joue très souvent dans ses concerts, c'est la marche romaine au générique de début du deuxième épisode, alors que les troupes romaines se mettent en marche pour se poster au pied de la montagne de Masada. Pendant plus de 5 minutes, Goldsmith développe le thème guerrier des romains avec une orchestration et un souffle symphonique incroyable (véritable tour-de-force orchestral). Au cours de ce puissant morceau épique, le maestro oppose clairement de manière très radicale le thème des romains et celui des juifs, comme pour décrire l’inévitable affrontement militaire que le réalisateur accentuera particulièrement dans les épisodes 2, 3 et 4, le quatrième épisode étant le plus sombre et le plus tragique de tous. La marche romaine du début du deuxième épisode rappelle fortement les grands moments du Golden Age hollywoodien avec les partitions titanesques de Miklos Rosza pour "Ben-Hur" ou celles d’Alfred Newman et de Max Steiner pour des péplums hollywoodiens de cette époque.

En tout cas, les influences sur la composition épique de Goldsmith son indéniables, même si l'on reconnaît très clairement le style du compositeur sur cette somptueuse partition symphonique. Le thème des esclaves est lui aussi assez présent, avec ses harmonies et ses courbes mélodiques inspirées de l'orient. Quand au thème de Shela, il s'agit d'une pièce dramatique évoquant l'amour impossible entre Shela et Silva, qui aimerait tellement qu'elle lui rende son amour qu'il ressent pour elle. Goldsmith développe majoritairement cette mélodie dans le deuxième épisode, privilégiant des cordes romantiques et torturées à la fois pour un thème à consonance résolument tragique, voire résigné, et qui apporte une grande touche d'émotion au sein de cette partition épique.

Dans l'ensemble, le score de "Masada" reste assez sombre, à l’instar de la séquence où les troupes s'avancent vers la montagne en deux rangées au cours du deuxième épisode, Goldsmith maintenant un certain suspense avec des cordes tendues et des orchestrations sinistres évoquant l'incertitude du combat. Le travail des percussions est lui aussi très important, de la caisse claire ou des tambours pour les romains en passant par le tambourin pour les juifs, tout y est. Morton Stevens a complété le travail effectué par Jerry Goldsmith sur le premier et deuxième épisode, et sa contribution est tout sauf négligeable. De la préparation du siège de la forteresse au final tragique, la partition de Stevens possède de grands moments, plus particulièrement lors de la très sombre coda du film, alors que l'utilisation des solistes et l'incroyable tension qui résulte de la pièce traduit de manière bouleversante toute l'horreur de cette séquence finale.

"Masada" est donc une partition épique et solide de la part d'un musicien visiblement inspiré par ce grand téléfilm. Rares ont été les occasions pour Goldsmith de mettre des téléfilms en musique après les années 60. Sur "Masada ", il semble avoir disposé de tout le temps nécessaire pour travailler sa musique et élaborer une partition richement développée, réfléchie, maîtrisée et parfaitement aboutie sur le plan thématique. Le thème des juifs et la marche romaine du début du second épisode restent deux grands moments de musique dans l'immense carrière de Jerry Goldsmith.

Merci à Intrada pour ce travail remarquable et cette édition tant attendue ! Voir la rubrique...

Des débuts prometteurs...

CITY OF FEAR Label: Intrada Special Collection Volume 170

Deuxième partition écrite en 1959 par Jerry Goldsmith pour ce thriller noir très peu connu en France intitulé « City of Fear ». C’est une musique sombre et intrigante, souvent dissonante et rythmée, qui marque les débuts d'un compositeur innovant et intelligent. Jerry Goldsmith met déjà en avant son sens pointu du rythme et échafaude une série d’accords complexes et de rythmes jazzy qui, pour l'époque, devaient déjà paraître bien modernes. « City of Fear » est un petit film noir sans grande envergure (très vite tombé dans l’oubli), mais qui donna l'occasion au célèbre maestro californien d'écrire un premier score ambitieux, lui permettant d'amorcer un style qui allait devenir par la suite unique et parfait !

Nous reviendrons sur ce score pour une analyse Musique/images plus développée... Intrada Special Collection limitée à 2000 exemplaires!

DVD Fimucité 3 > toujours disponible !

Jerry Goldsmith 80th Birthday Tribute Concert - Edition Varese Sarabande

Fimucité 3

Le DVD/CD du concert dirigé par Mark Snow et Diego Navarro en hommage au maestro en 2009. Un document audio et visuel exceptionnel réservé aux inconditionnels du musicien. inclu, un livret comportant l'historique du Festival et l'élaboration de ce concert unique !

Un grand moment Jerry Goldsmith...

Dessin réalisé en 2000 par Olivier Verbrugghe. ©Droits réservés- illustration protègée.

En 2004, l'un des plus grands musiciens de la planète nous quittait. Son oeuvre et ses multiples talents restent à ce jour inégalés. Tous les jours, ses musiques nous rendent de bonne humeur, nous donnent du "peps", nous transcendent et ont le pouvoir de modifier nos comportements. La musique de Jerry, c'est une joie assurée continuellement...

Toute l'équipe de The Musical Law rend hommage au plus grand de tous !

Jerry Goldsmith " The LEGEND" !

Le panache de Jerry Goldsmith par LA LA LAND Records

"First Knight" (Lancelot) demeure sans aucun doute l'une des meilleures partitions écrite par Jerry Goldmsith au cours des années 90. Ce fut aussi pour le compositeur l'occasion de renouer avec un style musical délaissé pendant quelques années, plus proche des excellents "The Wind & The Lion" ou le somptueux "Lionheart" pour ne citer que les exemples les plus célèbres. Avec "First Knight", Jerry Goldmsith a véritablement cerné l'intensité épique et chevaleresque de cette grande histoire mêlée à une partie romantique et dramatique superbement illustrée dans la musique du film (médiocre) de Jerry Zucker. Au final, voilà une BO grandiose et incontournable de Jerry Goldsmith, une partition riche et épique absolument inoubliable, l'illustration musicale parfaite de la célèbre légende de Lancelot et du Roi Arthur !

Jerry Goldsmith fut l' un des rares compositeurs de musiques de film à nous avoir habitué à autant de qualité musicale tout au long de sa carrière. Les chefs-d'oeuvre se sont accumulés au fil du temps et ce jusqu'à la fin de sa vie. Le maestro californien a su nous émerveiller avec des musiques mémorables, grandioses, souvent puissantes comme celle de "The Mummy", celle de "Timeline" ou encore celle de "The 13th Warrior" pour ne citer que les plus épiques, sans oublier bien sûr le redoutable score de "Mulan" qui reste encore à ce jour à officialiser pour une version CD intégrale. Mais ceci est une autre histoire…

Le score que Goldsmith écrivit en 1995 pour le film de Jerry Zucker, "First Knight", restera l’un des points culminants de sa carrière : elle marquera surtout les retrouvailles avec un acteur qu'il aimait et qui lui insufflait beaucoup de créativité : Sean Connery, rencontré à plusieurs reprises sur des films tels que "Ransom", "The Wind & The Lion", "The Great Train Robbery", "Outland", "The Russia House" ou bien encore "Medicine Man", sur lequel l’acteur anglais serait carrément tombé amoureux de la fameuse queue de cheval de Jerry Goldsmith, au point de suggérer à John McTiernan, réalisateur du film, d’arborer une chevelure identique à celle du maestro - anecdote étonnante mais ô combien véridique ! La splendeur du score de Jerry Goldsmith suscita à cette époque l'édition d'un CD produit par Epic Soundtrax, qui fut assez bien fourni question musique (environ 40 minutes) mais qui omettait également de nombreux passages-clé de la partition de Goldsmith - et notamment tous les passages avec le thème héroïque de Lancelot. Rappelons d’ailleurs qu’à l’origine, l’album devait être bien plus long - il était prévu environ 1 heure de musique mais des problèmes liés aux dates de sortie du film et à des screen tests peu glorieux incitèrent les producteurs de l’album à amputer ce dernier d’une bonne partie de la musique, espérant ainsi économiser une partie de l’argent liée aux fameux re-use fees (droits de réutilisation), taxe payée aux musiciens du Hollywood Studio Symphony Orchestra.

Avec cette nouvelle double édition CD de la musique de "First Knight", La La Land Records et Sony Music nous présentent enfin aujourd'hui l’intégralité de cette très grande partition du maestro Goldmsith, nous permettant ainsi de replonger au coeur même des batailles du Roi Arthur et de la flamboyante cité de Camelot, le tout soutenu par un travail de restauration sonore impressionnant et un livret richement fourni. Cette édition limitée reste assez large, avec un tirage conséquent de 5000 exemplaires : soyez assurés qu’il y en aura pour tout le monde !

Pour La La Land, la victoire sera totale ! Bravo et merci encore pour ce superbe cadeau !

En écoute sur le site de La la Land...

Retrouvez une analyse complète du Chef d'oeuvre de Jerry Goldsmith sur The Musical Law. le site entièrement consacré au oeuvres du maestro californien.

Rééditions, éditions, toujours plus pour le maître...

« Patton », « First Blood », « Poltergeist », « Star Trek V », des scores incontournables du maestro Jerry Goldsmith revus pour certains, étoffés pour d'autres, ou tout simplement réédités car ayant parfois totalement disparus du marché discographique. Un très bon exemple récent :

PATTON - Intrada (7110 CRG) Pas de grande surprise pour cette nouvelle édition du chef-d'oeuvre absolu de Jerry Goldsmith, qui comporte notamment un livret digne de ce nom et une très belle présentation reprenant le graphisme "original". Le tout nous est présenté par INTRADA en double CD avec en première galette, une version complète du score original re-mixé certainement à partir des sources du DVD - le son n'est pas très bon, surtout au casque, où l’on constate un souffle très présent tout au long du CD. En guise de bonus, une séance d'enregistrement des fameux échoplex de trompette qui était cachée dans le DVD collector. La deuxième galette est en fait une réédition de l'ancien album édité à l'époque par la Fox, entièrement restauré avec un son de grande qualité : indispensable pour les fans ! (Voir notre rubrique « chef-d’oeuvre - Patton » pour une analyse complète du score)

FIRST BLOOD - Intrada (MAF 7111) Un must de première classe pour cette nouvelle édition complète du score de « First Blood », grande partition de Jerry Goldsmith présentée pour la première foi en double CD, une oeuvre nostalgique et musclée mêlant adroitement émotion, suspense et action pour le film qui propulsa Sylvester Stallone au rang de star incontournable du cinéma d’action après « Rocky » en 1976, et qui fait assurément partie des grands classiques de la musique d’action du grand maître californien. Grâce à ce nouveau CD, Intrada nous renvoie directement au coeur même des années 80, époque fertile et productive pour Goldsmith, qui nous permet de redécouvrir cette solide et puissante BO dans une version enfin complète et séquencée dans l’ordre chronologique du film. Rappelons d’ailleurs que l’ancienne version de « First Blood » était déjà sortie chez Intrada, et pour Douglass Fake, producteur de l’ancien comme du nouvel album, rééditer « First Blood » était une sorte de rêve et une façon de célébrer avec les fans les 25 ans du prestigieux label. Le son de cette nouvelle édition est très bon et le livret très soigné et bien présenté. Une partition phare !

POLTERGEIST - FSMCD Vol.13 No.18

Cette nouvelle édition CD est une véritable bénédiction pour tous ceux qui ne possédaient pas encore ce must de Jerry Goldsmith. Considérée à juste titre avec « Star Trek The Motion Picture » comme la plus belle BO du musicien californien, la musique du « Poltergeist » de Tob[e Hooper démontre encore une fois l'énorme potentiel créatif et inépuisable du compositeur à une époque où la créativité artistique avait encore un sens à Hollywood. A la fois sombre, chaotique, frénétique, émouvante et puissante, la partition de Jerry Goldsmith impose une personnalité musicale forte et indissociable des images du superbe film de Tobe Hooper (et Steven Spielberg !). Dans la continuité de ses partitions pour « Alien » et « Outland », « Poltergeist » permet au compositeur d'évoquer une fois encore son goût pour des partitions atonales et oppressantes, héritées d’un langage musical avant-gardiste renforcé par des citations à des grands maîtres tels qu’Olivier Messiaen - sans oublier la fameuse référence au « Dies Irae » grégorien pour la séquence de la piscine vers la fin du film. La partition est teinté ici de touches d'émotion et d'espoir grâce à la présence à l’écran de la petite Carol-Ann, incarnée par la défunte Heather O’Rourke, un apport émotionnel majeur dans le film qui évoque le combat et l'union de la famille Freeling dans une même tâche : sauver Carol-Ann des griffes de l'esprit frappeur. Oeuvre complexe passionnante et passionnée, « Poltergeist » témoigne du savoir-faire d'un compositeur qui n'hésite pas à aller au plus profond du sujet qu'on lui offre, la musique dépassant le simple cadre visuel des images en offrant une véritable âme musicale au film (la passion de Spielberg pour la musique n'étant certainement pas étrangère à cet état de fait). On est bien loin ici du côté artisanal de certaines partitions hollywoodiennes de l'époque pour des films horrifiques de ce genre, la musique de Goldsmith possédant une très grande classe et une science d'écriture indéniable. Voilà en tout cas l'un des 'musts' du Jerry Goldsmith des années 80, à redécouvrir grâce à l’intégrale publiée par FilmScore Monthly (incluant toute une série de morceaux alternés inédits et des extraits de la musique du film « The Prize »), avec un tirage de plus de 10 000 copies pour une durée totale avoisinant les 137 minutes de musique : un grand classique incontournable dans la filmographie de Jerry Goldsmith ! Voir notre rubrique « chef-d’oeuvre - Poltergeist » pour une analyse complète du score

Retour sur l'un des plus grand score de Jerry Goldsmith

Après le fulgurant succès du dernier « Rocky », Sylvester Stallone revient en force sur les écrans pour notre plus grand plaisir avec le deuxième grand personnage clé de sa carrière : John Rambo. 25 ans après le retentissant succès de Ted Kotcheff, l’ombre de ce super héros est toujours omniprésente dans le cœur de tous. Comme le premier opus des ‘Rocky’, ‘First Blood’ est devenu au fil du temps un film unique et culte. Héros et anti-héros à la fois, John Rambo a su toucher tous les hommes de la planète, chacun de nous a su trouver en ce personnage mythique, noyé dans la masse, un grand reflet d’humanité.

Depuis l’adaptation en film du personnage crée par le romancier David Morell, le cinéma américain a donné naissance à une flopée de super héros issus de l’imaginaire de ses créateurs. ‘Spiderman’, les ‘X-Men’, ‘Daredevil’, ‘Fantastic Four’ ou bien encore ‘Batman’ se sont ainsi succédés, mais John Rambo demeure encore aujourd’hui « le super héros » le plus proche de l’homme, qui a su vieillir avec son temps. Certes, Rambo ne nous rajeunit pas, mais c’est le seul héros « en chair et en os » qui nous permettra d’accepter plus facilement notre sort d’homme mortel voués tôt ou tard à la décrépitude (image du héros vieillissant mais toujours solide incarné avec brio par Stallone dans son dernier film d’une violence rare).

On ne peut évoquer le très vif succès de ‘First Blood’ sans citer le nom inoubliable de Jerry Goldsmith. 1982 fut comme à son habitude une période très créative pour le maestro qui composa cette année là le score unique et magique pour ‘Poltergeist’ de Steven Spielberg. La partition de ‘First Blood’ fit effet d’électrochoc dans le monde de la musique de film avec des images superbes magnifiées à bout de bras par la baguette d’un musicien toujours plus inspiré que jamais. Jerry Goldsmith a donné à travers sa musique toute l’âme du personnage grâce à un thème d‘une grande beauté, indéniablement évocateur. Le thème de Rambo possède cette grandeur d’âme et cette nostalgie puissante, une majestuosité quasi « spirituelle » qu’aucun autre compositeur de génie n’aurait pu écrire. Rares sont les personnages qui ne peuvent se détacher de leur musique tellement celle-ci leur colle à la peau. Rares sont également les musiciens comme Jerry Goldsmith à avoir su renouveler sans cesse de tels tours de force. Le maestro a su non seulement écrire un thème fort pour ce film mais aussi composer une partition efficace, pleine de vie, de feu et de sang. Rambo appartient indiscutablement au patrimoine de Jerry Goldsmith, lui qui avait perçu le personnage comme celui d’une bande dessinée. Certains compositeurs possèdent ce pouvoir de ramener à travers eux un personnage ou un lieu en écrivant un thème inoubliable et indissociable de ce qu’ils sont. Rambo a ainsi connu ce phénomène.

Avec 'First Blood' (Rambo), Jerry Goldsmith amorçait un tournant majeur dans sa carrière. Effectivement, c’est avec ce score que le maestro commença à développer et parfaire son style action qui atteindra son apogée dans les années 90 avec des partitions telles que 'Total Recall' ou 'Air Force One'. Pour First Blood, le maestro a évoqué le personnage immortalisé à l’écran par Sylvester Stallone et la traque que mène contre lui le shérif incarné par Brian Dennehy. Le générique de début du film ('Home Coming') s'ouvre au son du thème principal, le leitmotiv de Rambo, un thème magnifique et poignant confié à une guitare avec des cordes et une trompette solitaire qui suggère la solitude et le statut marginal de Rambo, un être blessé physiquement et moralement par la guerre du Viêt-Nam et qui cherche aujourd’hui la paix. Le superbe thème de Rambo fait désormais partie des grands thèmes mémorables de Jerry Goldsmith, ceux qui évoquent immédiatement les images du film dès leur première audition.

Apportant une indispensable touche d'émotion au film, le thème de John Rambo est l'incarnation parfaite de l'âme du solitaire errant en quête de sérénité. La trompette solitaire est là pour rappeler le fait que Rambo est un ancien soldat aujourd’hui marginalisé par ses semblables. Introduit délicatement, le thème se profile très vite jusqu'à ce que les cordes interviennent pour rendre la mélodie encore plus chaleureuse. La deuxième partie du morceau suit Rambo alors que ce dernier arrive près d'une maison paisible au bord d'un lac. On admirera la très habile transition que Goldsmith fait entre la fin du thème principal et cette deuxième partie, en reprenant le petit fragment de 3 notes qui sert de conclusion au thème en le majorisant, faisant intervenir cordes, bois et cor dans un climat pastoral plus paisible, le calme avant la tempête, l'espoir que Rambo nourri de retrouver enfin son ami et de pouvoir enfin vivre en paix. C'est le seul véritable moment de paix dans ce score qui va très vite adopter un ton plus musclé.

Rambo apprend la mort de son ami dans 'My Town', où le compositeur fait intervenir un second thème de trompettes, plutôt sombre et résigné et qui exprime la disgrâce de Rambo face aux forces de police qui le harcèlent sans arrêt, le thème du 'premier sang'. On retrouve ensuite une reprise du style nostalgique de 'Home Coming' avec des cordes chaleureuses et une guitare alors que Rambo continue à errer seul le long d'une route, jusqu'à ce qu'il croise le shérif qui va l'arrêter très rapidement. Dans 'The Razor', les choses se compliquent alors que les gardes du commissariat nettoient Rambo et se préparent à le raser (Goldsmith fait des allusions à son thème d'action au début du morceau). Le climat du morceau se veut ici plus atonal, dissonant et assez stressant. On ressent alors le profond malaise de Rambo qui s'installe dans son esprit au cours de cette séquence-clé qui marquera le début de l’affrontement entre Rambo et les hommes du shérif. Terrorisé à la vue du rasoir qui lui rappelle la torture durant le Viêt-nam, Rambo explose de rage et défait tout le monde dans la pièce avant de réussir à s'échapper. Le premier morceau d'action débute alors en grande pompe. Jerry Goldsmith installe une rythmique orchestrale violente et agressive à l'aide de percussions (mélange traditionnel de timbales et de tambours avec cymbales) jusqu'à ce que le thème de Rambo adopte une soudaine envolée héroïque (Rambo s’enfuit en moto en direction de la montagne), soutenue par une écriture action entraînante et typique du style des musiques d'action du Goldsmith des années 80/9

S'en suit alors la première poursuite entre le héros et les hommes du shérif. La traque dans la montagne commence avec le très sombre 'Mountain Hunt', probablement la partie suspense atonale/dissonante la plus mémorable du score de ‘First Blood’. En l'espace de 6 minutes, le compositeur crée un climat de tension terrifiant, évoquant le suspense de la traque contre Rambo qui s'inverse alors, la proie devenant le prédateur. Cordes tendues et dissonantes, clusters orchestraux terrifiants, Goldsmith souligne parfaitement le suspense de la scène ainsi que la violence des pièges que tend Rambo contre Will et ses hommes. Véritable tour de force orchestral, ce morceau révèle une fois de plus tout le talent du compositeur à maîtriser un langage musical avant-gardiste de qualité. On continue dans cette ambiance de chasse à l'homme avec 'Hanging On' où l’on retrouve le motif d'action joué par des synthétiseurs et une rythmique orchestrale typique du compositeur, qui deviendra une sorte de marque de fabrique de sa musique d'action des années 80/90. Le travail rythmique imposé par l'écriture orchestrale de Jerry Goldsmith s’avère à la fois riche et complexe, captant merveilleusement bien toute l'intensité de cette grande chasse à l'homme organisée contre un faiseur de trouble qui ne demandait en fin de compte qu'à vivre en paix.

'Escape Route' est un autre grand moment d'action du score de ‘First Blood’, alors que John Rambo s'empare d'une camionnette militaire pour tenter de fuir. Une fois encore, Goldsmith arrive à faire monter la tension tout en nous proposant une série de développement autour du thème action électronique exposé ici dans une version plus lente. L'orchestre s'emballe alors, cuivres et percussions mises en avant (notons ce motif de 3 notes ascendantes évoquant la tension dans les scènes où Rambo est soumis à une menace ou à un quelconque danger). C'est avec 'The Tunnel' que le compositeur a crée l'un de ses passages les plus sombres de la partition avec 'Mountain Hunt'. Le héros traqué comme une bête s'est réfugié à l'intérieur d'une mine et le shérif Will n'a plus d'autre choix que de faire intervenir les militaires pour l’obliger à sortir de sa cachette par la force. Installant rapidement un climat de tension et de menace (utilisation du motif ascendant de 3 notes) tout en usant de brefs rappels du thème d'action sous une forme plus lente (ce thème est décidément omniprésent durant tout le score), le morceau prend une tournure soudainement chaotique alors que Rambo se retrouve dans une petite cavité grouillant de rats. Le motif de 3 notes est toujours présent et continue d’évoquer la menace d'un héros traqué et isolé qui doit sortir du tunnel sans se faire tuer.

Pour conclure le film sur une touche plus émouvante, Jerry Goldsmith a écrit une chanson adaptée du thème principal, celui de John Rambo. 'It's a Long Road' est non seulement une très belle chanson (la version instrumentale non présente dans le film est à son tour très réussie) mais elle évoque aussi parfaitement l'idée du solitaire qui doit suivre une très longue route pleine d’embûches s'il veut espérer trouver la paix au bout de son très long périple. La chanson conclut donc un solide score d'action teinté d'émotion avec un thème principal très populaire dans le milieu des fans de Jerry Goldsmith. Mélant émotion, suspense et action avec une maîtrise rare, la partition de ‘First Blood’ fait assurément partie des grands classiques d'action du Jerry Goldsmith des « eighties », ceux que l'on cite souvent comme référence dans le domaine. Plus qu'un simple score d'action, ‘First Blood’ est avant tout une BO majeure pour Jerry Goldsmith, car, comme nous l'avons déjà mentionné auparavant, elle servira à développer le style action du compositeur à la fin des années 80 et tout au long des années 90 ('Total Recall' n'est que le parfait aboutissement du travail d'écriture action amorcé dans 'First Blood' et surtout ‘Rambo II’). Une musique solide et puissante, en symbiose parfaite avec les images du film de Ted Kotcheff.

Le temps d'un hommage...

Un grand musicien et un grand homme nous a quitté...



John Barry est certainement, avec Jerry Goldsmith, le compositeur de musiques de film qui a touché le plus de fans au monde. Son style unique et noble a séduit dans tous les domaines, l'action avec la saga « James Bond », l'aventure avec des titres incontournables comme « Born Free », « Zulu », « Dances with Wolves », etc. Mais ce sera par le biais des films romantiques et dramatiques que sa musique deviendra célèbre. « Out of Africa », « Somewere in Time », « Hanover Street », « Chaplin »... des musiques d'une qualité exceptionnelle au lyrisme transcendant qui ont fait de lui un compositeur d’excellence.

John Barry était le musicien au multi signatures, à l’aise dans de nombreux registres. Dans les années 60, son style "jazzy" très british avait déjà marqué les esprits et rassemblé des milliers de fans. Ses partitions historiques et monumentales telles que « The Last Valley », « A Lion in Winter » et « Marie Queen of Scott » sont des modèles du genre et des chefs-d'oeuvre musicaux gravés dans la pierre. Mais c'est en 1976, lorsqu'il écrivit le thème de la série « The Persuaders » que Barry installera définitivement son statut impérial de grand maître en matière de musique de cinéma. Quelques notes impeccablement placées, des effets synthétiques "kitch" certes mais époustouflants pour l’époque et une mélodie de génie ont su faire de ce thème ce qu'il a de meilleur dans ce domaine. Un coup de génie jamais ébranlé, jamais détrôné...Bravo Mr. Barry et merci de nous avoir offert toutes ces superbes musiques qui bercent inconsciemment nos mémoires.

Jerry Goldsmith avait beaucoup d'admiration pour John Barry, il reconnaissait en lui un redoutable créateur d'émotion musicale !

Toute l'équipe de The Musical Law vous rend hommage, Mr. Barry !

Lala land : les Frontières du maximum !

Enfin une édition complète digne de ce nom de la partition de « Star Trek V The Final Frontier » (1989), qui séduira à coup sûr les inconditionnels du grand Jerry Goldsmith. C’est dire à quel point cet album était attendu car ce n'est pas avec le CD anciennement publié par Sony à l'époque qu'on pouvait s’extasier totalement ! L’absence d’une bonne partie du score sur l’album était tel que l'on avait quasiment l'impression que le musicien en avait fait le strict minimum, mais c'était bien mal connaître le maestro Goldsmith qui nous a toujours offert ce qu'il y avait de mieux pour la série des Star Trek.

Côté film, cet opus est loin d'être le meilleur, c'est d’ailleurs certainement le moins bon de tous, à la limite du nanar (William Shatner aurait mieux fait de rester acteur de la série plutôt que de s’improviser réalisateur occasionnel !), mais quelle partition ! Un véritable régal. Nous avons enfin la chance de la redécouvrir aujourd'hui grâce aux fabuleux efforts de l'équipe de La La Land qui nous restitue, avec un son exceptionnel, ce joyau musical dans son intégralité.

Un vide enfin comblé ! Même le célèbre générique de la saga est plus puissant et plus riche dans les harmonies, sans parler des nouveaux effets synthétiques concoctés à l'époque par le maître, qui semblent être revenus comme par magie. Les orchestrations sont incroyables, et le son de ce nouvel album est saisissant, d’une clarté limpide, une édition CD prestigieuse qui mérite bien un voyage dans l'espace intersidéral, et qui séduira plus d'un trekkie ! Redécouvrons l'œuvre ensemble

Jerry Goldsmith revient enfin dans l’univers musical de ‘Star Trek’ après sa partition inoubliable pour le premier épisode de 1979, et après les deux opus de James Horner et la partition humoristique de Leonard Rosenman pour le quatrième épisode. Goldsmith réutilise le matériau thématique issu de 'Star Trek: The Motion Picture' pour 'Star Trek V', sans oublier les nouveaux thèmes, un thème plutôt mélodique et le thème de la quête, symbole de l'idéal divin recherché de manière obsessionnelle par Sybok, le demi-frère de Spock qui s’est mis en tête de découvrir la mystérieuse planète Shaka-Ri dans laquelle se trouverait Dieu en personne. Dès 'The Mountain' qui est en fait le générique de début du film, Jerry Goldsmith annonce l’inévitable fanfare d'Alexandre Courage avant d'utiliser son fameux thème principal héroïque issu de 'Star Trek: The Motion Picture'. On aperçoit alors à l’écran un plan d'une montagne dans le Yosemite National Park sur terre, Kirk étant en pleine ascension avant que Spock n’arrive à ses côtés avec ses rétrofusées. C'est à ce moment qu'intervient le premier nouveau thème du film, un thème qui évoque l'amitié forte unissant Spock, Kirk et McCoy. Peu utilisé durant le film (on le retrouve aussi dans la fin), ce thème aux allures pastorales apporte une petite touche d'émotion indispensable pour le relief du score. Goldsmith réutilise aussi son thème des Klingons déjà présent dans le premier épisode de 1979, un thème aux accents guerriers, rapide et cuivré, auquel il apporte une nouvelle force dans cette aventure où les sinistres Klingons sont à nouveau de la partie. On appréciera les orchestrations intéressantes de ce thème dans 'Without Help' où Goldsmith utilise lors de l'apparition des Klingons et de leur vaisseau un étrange cornet dont la sonorité rappelle vaguement 'Planet of The Apes' – cet instrument étrange sert à évoquer l’aspect extra-terrestre des Klingons tout en soulignant au passage leur caractère résolument guerrier.

Avec 'A Busy Man', Goldsmith illustre la scène de l'atterrissage sur Shaka-Ri avec le thème de la quête qui atteint ici son paroxysme, partagé entre les cordes lyriques de l'orchestre et le synthétiseur utilisant un son plus cristallin et doux. Goldsmith arrive à capter dans cette scène la sensation d'émerveillement et de découverte d’un monde tant recherché. Le compositeur développe à l'orchestre le thème de la quête pour lui apporter une dimension quasi solennelle et vibrante. Son utilisation dans cette scène demeure en tout cas l’un des points forts de la partition de ‘Star Trek V’. Le spectateur/auditeur arrive très clairement à ressentir cette impression d'émerveillement quasi onirique (en évitant tout côté grandiloquent) caractérisé par la fin d'une quête. On retrouve ensuite ce thème dans 'An Angry God', tandis que Sybok a enfin trouvé le Dieu qu'il cherchait tant (l'émerveillement évoqué par ce thème laisse très vite place à un sentiment de menace sous-jacent alors que ce Dieu s’avère être une entité dangereuse). On n'oubliera pas non plus d'évoquer un motif de 4 notes qui illustre le danger et que l'on retrouve dans la plupart des morceaux d'action, tels que 'An Angry God' ou 'Let's Get Out of Here'. Mais de tous les thèmes du score de ‘Star Trek V’, c'est très clairement celui des Klingons qui revient le plus fréquemment tout au long du film, surtout dans les passages d'action assez nombreux comme 'Without Help' ou 'Let's Get Out of Here', où Goldsmith nous propose des variations intéressantes du thème pour évoquer la menace des Klingons poursuivant le vaisseau de l’Enterprise sans relâche. Notons ici les sons de synthétiseur typiques du compositeur et qui apparaissent dès le début du 'Main Title' (ce son ressemble au bruit du démarrage d'un vaisseau spatial), toujours dans le souci d’évoquer le cadre futuriste de l’histoire, même si la partie électronique du score de ‘Star Trek V’ demeure malgré tout bien moins important ici qu’elle ne le sera plus tard dans 'Star Trek: First Contact'.

'Free Minds' est un morceau nettement plus particulier. Il illustre la séquence où Sybok torture psychologiquement McCoy et Spock en leur faisant revivre des souvenirs douloureux qui semblent les hanter (cela ne fait cependant aucun effet à Spock). Les sons synthétiques sont ici assez présents, le compositeur privilégiant au passage les cordes graves dans un moment somme toute assez sombre et intense (probablement le plus sombre passage de tout le film). La partie action du score de ‘Star Trek V’ est toujours aussi prenante mais un brin répétitive dans le film. Dans 'Open The Gates', Kirk et ses hommes viennent libérer les otages retenus prisonniers sur Nimbus III. Jerry Goldsmith installe progressivement son climat d'action avec l'utilisation originale de claquements de woodblocks et divers effets d’orchestrations typiques du compositeur - à noter ici l'importance constante des diverses trompettes en sourdine avec des cordes, trombones, trompettes et percussions rappelant le style action de partitions comme 'Rambo: First Blood Part II'. Cette utilisation des woodblocks revient dans d'autres passages de la partition, et notamment lors de certaines séquences suggérant la menace des Klingons. Jerry Goldsmith nous offre même quelques vagues rappels du thème principal qu'il délaisse plus ou moins tout au long du film mais qui réapparaît par exemple lors du final du film et vers la fin de 'Let's Get Out of Here'. Et tandis que les trois amis se retrouvent à la fin du film (Spock, McCoy et Kirk), Jerry Goldsmith en profite pour reprendre le thème de l’'amitié entendu dans la deuxième partie de 'The Mountain', un thème finalement très peu utilisé durant tout le film, à l'image du fameux thème principal.

En conclusion: 'Star Trek V' n'apporte rien de nouveau à l'univers musical de la saga et reste bien en dessous de l’immense de 'Star Trek: The Motion Picture'. Mais cela n'empêche pas d'apprécier ce score à sa juste valeur, une BO toujours très sous-estimée par les amateurs de musique de film (et même très souvent par les fans de Jerry Goldsmith), et qui mérite pourtant d'être redécouverte maintenant avec cette édition complète,