Un Score "extrêmement" bien ficelé !
mercredi 23 janvier 2008 > General
HILL/NOLTE/GOLDSMITH !
Une impressionnante palette de talents rassemblés ici pour un film « extrêmement » réussi et explosif !

En cette année 1987, la maison de production Carolco Pictures rassembla tous les ingrédients cinématographiques « nec plus ultra » afin d’offrir au film ‘Extreme Prejudice’ toutes les chances de réussite pour ce genre de film. En premier lieu, le film d’action de Walter Hill est soutenu par un casting de premier choix imposant le sublime Nick Nolte campant l’impassible Jack Benteen, ainsi que des acteurs très réputés à l’époque tels que Powers Boothe (‘Red Dawn’) et le redoutable Michael Ironside (‘Total Recall’). Le maestro Jerry Goldsmith, à qui la Carolco confia la tâche d’écrire la partition, créa pour ce film une musique techniquement pointue et captivante apportant ainsi au film une atmosphère dense et envoûtante. Le musicien réalisa ainsi un travail étonnamment épais, avec une mise en avant des synthétiseurs par rapport à l’orchestre symphonique, un score extrêmement bien ficelé qui cohabite avec les images comme un deuxième scénario de fond accentuant intensément l’action et les points forts du récit mis en scène par un brillant réalisateur.
Toujours d’une grande efficacité et très complexe à la fois, la musique de ‘Extreme Prejudice’ permet avant tout d’offrir aux auditeurs un son nouveau et, comme toujours chez le compositeur, une sensation de « jamais entendu », un score et une édition intégralement revalorisée dernièrement par toute l’équipe du très dynamique label La La Land Records, qui a fait un travail intense sur ce score du maestro, présentant les pistes inédites les plus « électro-symphoniques » qui manquaient aux deux précédentes éditions, des titres essentiels et indispensables qui apportent à l’écoute une nouvelle dimension. Au final, ‘Extreme Prejudice’ demeure incontestablement l’un des scores les plus complexes qu’ait écrit le maestro pour un film d’action de la fin des années 80.
Viva Goldsmith !
Analyse du Score : Première Partie
Jerry Goldmsith poursuit sur sa lignée de scores d'action avec accompagnement électronique typique de ses partitions des années 80. 'Extreme Prejudice' n'a rien d'un chef-d'oeuvre mais confirme néanmoins le talent du compositeur sur les scores d'action. Jerry Goldsmith utilise le Hungarian State Opera Orchestra, mixé avec ses sempiternels synthétiseurs « eighties » pour offrir au film de Walter Hill un score d'action dans la plus pure tradition du genre. 'Arrivals' donne le ton dès le début du film. Avec des cuivres, des tenues de cordes et une rythmique électronique omniprésente, le morceau décrit avec énergie l'arrivée des hommes du commando de Hackett (Michael Ironside) au début du film. Goldsmith en profite ainsi pour développer lors du générique de début le motif de 4 notes descendant -souvent confié aux synthétiseurs ou aux xylophones, comme dans le morceau 'Extreme Prejudice'-, que l'on retrouvera dans certains passages plus 'musclés' du score. La partie rythmique de 'Arrivals' devient de plus en plus importante, jusqu'à créer une rythmique électronique excitante et plus rapide (importance des percussions électroniques dans ce score), lors du générique de début. La partie orchestrale nous renvoie très clairement ici à certains scores d'action années 80 du compositeur, et plus particulièrement à 'Rambo II', qui a définitivement lancé le style action du Goldsmith des années 80/90.

Après cette introduction assez prenante et excitante qui résume bien le côté musclé et violent du film de Walter Hill, 'Cash' nous permet d'entendre le thème de Cash Bailey (Powers Boothe), le méchant du film, thème confié à un son de synthétiseur plus aigu, très facile à identifier à cause de sa sonorité assez particulière. Ce thème possède une certaine ambiguïté, évoquant la relation entre Jack (Nick Nolte) et Cash (de vieux amis qui se retrouvent aujourd’hui confrontés l'un à l’autre). Certes, certains sons électroniques sont parfois assez bizarres, mais le résultat est là. En l'espace de deux morceaux, Goldsmith arrive déjà à capter toute l’âme du film, comme il sait si bien le faire. Une pièce comme 'The Set-Up' est ainsi très représentative du côté électronique et rythmique du score de 'Extreme Prejudice', avec cette partie orchestrale toujours très présente malgré tout. 'Dust' est quand à lui l’un de ces passages atmosphériques évoquant la tension du film avec quelques percussions électroniques qui rappellent beaucoup les sonorités de 'Link'. C'est dans le morceau 'Extreme Prejudice' que Goldsmith développe le thème rythmique, renforcé ici par les percussions électroniques, quelques cuivres déterminés (cors et trombones principalement), le tout dans un style plus action représentant la séquence où les hommes de Hackett font exploser un camion rempli d'hydrogène sur un hangar déserté. Très vite, et ce dès le début du film, la musique de Jerry Goldmsith nous fait clairement comprendre que quelque chose de grave est sur le point d’arriver, et qui débouchera sur la fameuse séquence de la fusillade finale au Q.G. de Cash Bailey.
Deuxième partie le mois prochain...

Musique disponible chez l'éditeur Américain "La La Land" rappelons qu'une partie des bénéfices de la vente de ce CD part à la Fondation de Jerry Goldsmith (UCLA). Jerry Goldsmith Scholarship Fund for Music composition. Pour une donation contactez : Jerry Goldsmith Scholarship fund for Music composition c/o UCLA School of the Arts, Dean's Office, Box 951427. Los Angeles CA 90095
