En Prévision...

Chers Visiteurs et admirateurs du Maestro Jerry Goldsmith.

Nous souhaitons dans un premier temps à vous remercier pour votre fidélité. Nous avons pu constater depuis le lancement que des millions de fans nous ont régulièrement visité. Nous travaillons depuis quelques temps sur la phase 2 de notre site. Nous souhaitons finaliser le catalogue des œuvres du maestro ainsi que toutes les analyses musicales respectives. Nous y intégrerons par la même occasion une nouvelle galerie de photos, nous complèterons la discographie est de nouveaux articles seront écrits.

Dans un autre temps, nous apporterons des modifications dans l’interface graphique afin de rendre plus accessible notre site. Il va de soi que cela ne se fera pas d’un coup de baguette magique. Nous y travaillons tous les jours. Nous souhaitons faire de ce site « la Référence » Jerry Goldsmith sur le net et nous comptons plus que tout sur votre fidélité. Nous vous remercions d’avance pour votre patience et votre compréhension. Jerry Goldsmith mérite bien cela, lui qui a tant donné…

Sincères Salutations à toute la famille de Jerry Goldsmith.

Vos administrateurs Pascal et Quentin.

Restauration graphique sur des photos de John Williams. (Optimisation et retouches >Pascal Dupont)

Rétrospective score JG 0004

En commémoration de la traque du peuple Juif et de la Déportation.

Franklin J Schaffner/Jerry Goldsmith Une collaboration sans faille !

1978 fut une année très productive et inventive pour le maestro Jerry Goldsmith. Après avoir terminé les partitions de « Magic », « Coma », « The Swarm », et « Capricorne one », il retrouvait enfin son ami, le metteur en scène Franklin J Schaffner pour un nouveau film : « The Boys from Brazil ».

Un an s’était écoulé depuis le succès d’« Island in the stream », Jerry n’avait pas eu le temps de poser ses valises qu’il reprenait déjà la baguette pour un sujet qui n’était pas des moindre et qui le touchait particulièrement : la traque de Josef Menguele, le fameux bourreau du camp d’extermination d’Auschwitz. Pour ce nouveau défi, le musicien ne dérogea pas à la règle : qualité, inventivité et brio étaient au rendez-vous.

Jerry Goldsmith, qui était au meilleur de sa forme, fut très attiré par un sujet comme il les aimait, tout en demi-teinte car le film n’est ni de l’histoire pure, ni de la science-fiction, ni de l’aventure; il est, en définitif, les trois à la fois. La partition du maestro s’en ressent particulièrement par la variété de sa couleur, d’une valse obsédante et menaçante dont la sobriété de motifs est compensée par la richesse de l’orchestration alternant passages violents ou lyriques selon les moments. Une œuvre fortement inspirée avec des glissements et superposition de sonorités chromatiques qui portent, de façon éclatante, la signature du grand maître. Il y a des mesures poignantes, des envolées lyriques et d’autres plus tendues. La partition est riche, étudiée dans ses moindres détails, variée. Notons d’autre part l’art avec lequel le maestro connote discrètement sa musique, qu’elle soit d’inspiration sud-américaine ou s’accompagne de quelques notes de trompette très typiques en contrepoint.

Une musique qui comblera toujours les inconditionnels du Maestro Goldsmith, dont le style vigoureux imprègne chaque note, aussi bien au niveau de la composition que de la direction d’orchestre. De film en film, Jerry Goldsmith, comme s’il en était encore besoin, confirmait qu’il était de ceux qui ne déçoivent jamais mais qui surprennent souvent. Par ce mélange affiché des genres, « The boys from Brazil » restera toujours un tournant important dans sa carrière de compositeur comme l’avait été, en 1974 , QB VII. Parmi tant de mérites, reconnaissons à Goldsmith celui-ci : ne jamais avoir vécu sur ses acquis.

« Lorsque vous faites appel à un compositeur comme Jerry Goldsmith, il faut vous attendre à l’inattendu le plus total ! » Franklin J Schaffner, 1982

« J’aime ce genre de films et c’est encore plus merveilleux lorsque c’est avec Hank à la mise en scène. J’ai fait QB VII, Masada et Les Garçons qui venaient du Brésil. Je ne refuserais jamais de faire la musique d’un film qui traitera du génocide du peuple juif. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. » Jerry Goldsmith, 1985

Nous dédicacons cette revue à Monsieur Bertrand Borie, célébre critique Français de musique de films et grand admirateur de l’œuvre de Jerry Goldsmith.

…à la mémoire des 6 000 000….

© Droits réservés - Attention, cette affiche n'existe pas, c'est un travail graphique exclusivement réalisé avec grand respect par nos soins à partir d'images du film afin d' illustrer notre article et uniquement pour valoriser l'oeuvre de Jerry Goldsmith.

Analyse...

Jerry Goldsmith retrouve une fois encore son grand complice Franklin J. Schaffner avec qui il signa certains de ses plus grands chefs d'oeuvres tels que 'Planet of The Apes', 'Patton', 'Papillon' ou 'Islands in The Stream' (sans oublier le fait que sa première collaboration avec le réalisateur remonte déjà à 'The Stripper' en 1963). Pour 'The Boys from Brazil' (Ces enfants qui venaient du Brésil), Goldsmith nous livre une très solide partition thriller au suspense tout aussi soutenu que dans le film, l'attraction principale du score restant indiscutablement la fameuse grande valse que le compositeur a écrit pour le long-métrage de Schaffner et qui fait office de thème principal de la partition. La valse de 'The Boys from Brazil' fait partie des grandes mélodies écrites par le compositeur dans les années 70, années propices à l’imagination du maestro et qui lui ont permis d'accoucher de certains de ses plus grands chefs d'oeuvre. Entièrement symphonique, le score de ‘The Boys from Brazil’ retranscrit l’atmosphère de cette sombre intrigue fasciste au cœur du film en entretenant un suspense assez pesant largement véhiculé à travers le motif rythmique de cuivres menaçants liés au Dr. Josef Mengele (Gregory Peck) et son sinistre complot. Ce motif intervient dès la première scène du film et sera présent jusqu'au bout après avoir subit toute une série de développements.

©Droits réservés///The musical Law

Quand à la fameuse valse faisant office de thème principal, elle est introduite dans l'assez brève ouverture du film et pose d’emblée l'esprit typiquement 'germanique' du score: effectivement, Jerry Goldsmith rend ici un brillant hommage au style des célèbres valses de Johann Strauss en créant cette grande danse tout à fait dans l'esprit des valses viennoises du 19ème siècle. Le thème se construit autour d’orchestrations brillantes, incluant cors, trompettes et cordes flottantes, reposant sur des harmonies à la fois simples et élégantes même si la deuxième partie de la valse s'emballe très nettement et fait intervenir le motif rythmique menaçant de Mengele - on pense alors au style plus torturé et sombre de la fameuse 'Valse' de Maurice Ravel, bien qu'ici le morceau de Goldsmith possède une consonance plus germanique d'esprit. D'autre part, ce choix d'une valse de type viennois à la Johann Strauss paraît plus qu'évident étant donné le contexte du film: même si Goldsmith associe cette valse au personnage d’Ezra Lieberman (Laurence Olivier) - le personnage est originaire de Vienne et on entend ainsi la valse intervenir dans la scène du début où Lieberman descend d'un bus, scène qui permet d'introduire ce personnage principal - on ne peut que penser au style à la fois ludique et cérémonieux de ces grandes valses viennoises qui nous rapprochent alors ici des nazis - ce n'est d’ailleurs pas pour rien si l'on voit dans une scène du film des nazis danser au son du célèbre 'Beau Danube Bleu' de Johann Strauss. Cette mélodie possède un côté fasciste et ambigu (d’où une seconde partie plus sombre), ambiguïté qui instaure finalement une grande richesse d'idées dans cette excellente pièce.

Quoiqu'il en soit, il est évident que la valse principale est l'atout incontestable de la partition de ‘The Boys from Brazil’, qui démontre une fois encore toute l’étendue du talent du compositeur qui recherche continuellement le ton juste pour les films qu'il met en musique - surtout dans les films de Schaffner qui l'ont toujours particulièrement inspiré, en particulier lorsqu'il s'agit de se lancer de véritables défis artistiques/musicaux comme ce fut le cas sur l'inoubliable 'Planet of The Apes' ou sur 'Patton'. Le score de ‘The Boys from Brazil’ est somme toute assez conventionnel au regard des précédents chef-d’œuvres que nous a offert Jerry Goldsmith sur les anciens films de Schaffner, mais ses qualités sont bien présentes et indissociables des images du film. La première scène du film évoque l'arrivée des nazis espionnés par Barry Kohler (Steve Guttenberg), scène introduisant le motif rythmique de cuivres menaçant liés aux nazis. Le reste du score développe à travers des orchestrations toujours très riches et tendues le style suspense/thriller du score, traversé par quelques brèves allusions au thème principal qui perd de plus en plus son importance au fur et à mesure que l’histoire du film progresse. On pourrait d’ailleurs ajouter que c'est le motif de Mengele qui finit par prendre le dessus dans le film, ce motif assez pesant devenant très vite omniprésent dans la plupart des morceaux sombres du score. Ce sont les cordes qui font véhiculer la tension à travers les quelques moments de suspense du score ou dans les passages d’action plus conventionnels (scène de l'affrontement final avec les chiens par exemple, Goldsmith faisant preuve une fois de plus d'un grand talent d'écriture lorsqu'il s'agit de faire éclater l'action), les cuivres étant plus souvent liés à l'aspect dangereux représenté par Mengele et sa horde de nazis, associés aux trombones et aux tubas. On pourrait d’ailleurs faire le rapprochement entre ce motif et le style rythmique d'un autre grand score thriller de l'époque, 'Capricorn One'. Il est vrai que Jerry Goldsmith renoue quelque part ici avec le style suspense de son score pour le film de Peter Hyams datant de 1977. C'est tout de même la première scène d'introduction du film qui permet au thème de Mengele de se développer dans sa version intégrale avant de subir toute une série de développements (après tout, le personnage lui même change au court du film puisqu'il doit se résoudre ainsi à accomplir lui même sa tâche tout seul). Le thème est posé dès le début sous la forme d'une marche pesante et menaçante (une troupe de soldats défilent à l'écran dans la scène au Paraguay), l'illustration parfaite des nazis machiavéliques. Le reste du score de ‘The Boys from Brazil’ décrit donc la double traque du film, celle de Josef Mengele qui part à la recherche des personnes qu'il doit faire assassiner, et celle de Ezra Lieberman qui va tout faire pour stopper l'ancien tortionnaire nazi du camp de concentration d’Auschwitz.