C’est le 10 février 1929 dans la ville de Los Angeles que naquit Jerrald King Goldsmith, plus connu sous le nom de Jerry Goldsmith pour la nouvelle génération et ceux qui ne le connaissent pas encore très bien. Habité très tôt et envoûté par la musique, c’est avec des musiciens de grande renommée comme Jakob Gimpel, Miklos Rozsa ou encore Mario Castelnuovo-Tedesco que le jeune Goldsmith valorisera ses grands talents de compositeur et imposera rapidement un style très séduisant et évocateur avec lequel il affirmera pendant des décennies son indélébile signature. Son incroyable sens de l’écriture musicale et son inépuisable inventivité lui ont permit de s’imposer comme le plus talentueux des compositeurs de musique de film de notre siècle. A lui seul, Goldsmith a immortalisé quelques grands chefs-d’œuvre du cinéma américain comme « Planet of the Apes », « Star Trek », « Alien », « Legend », « Patton », « Chinatown » et tant d’autres…

Disparu trop tôt le 24 juillet 2004, il laissera un grand vide dans le domaine de la musique de cinéma. Jerry Goldsmith s’en est allé avec beaucoup d’amertume contre un nouveau système hollywoodien qu’il avait de plus en plus de mal à accepter, consistant à fabriquer ce qu’il appelait très souvent « les clones » de la musique, ceux qui l’ont rendu impersonnelle et trop peu inventive, lui qui avait propulsé la créativité musicale à son plus haut niveau !

A ce sujet, lors d’une de ses dernières interviews, il s’était exprimé :

« Je suis particulièrement découragé et démotivé de voir à quel point la technologie a transformé la musique de film en pure « divertissement ». Cela ressemble plus à une usine plutôt qu’à de la création : quelqu’un écrit un début, une fin, un pont, une autre personne est chargée de la mélodie, voire d’un lit synthétique, puis vous passez ainsi d’une pièce à l’autre en découvrant encore d’autres personnes qui écrivent de la musique pour les premiers cités ! On n’a jamais rien entendu de certains compositeurs mais vous avez des « clones » qui écrivent pour eux ! Désormais, le crédit double pour la composition est devenu quelque chose de commun. C’est comme les crédits de logiciel ! Maintenant sur internet, vous pouvez composer avec quelqu’un d’autre sans connaître votre partenaire… Comment peut-on faire cela ? Je n’arrive pas à comprendre le procédé où plusieurs compositeurs travaillent ensemble, sur un même film ! »

     Jerry Goldsmith, 7 Août 2001

Les propos du Maestro se sont avérés au fil du temps très réalistes. Des compositeurs comme Christopher Young, Danny Elfman ou encore James Newton Howard et d’autres compositeurs aussi talentueux, armés d’un style fort, réussissent aujourd’hui à se détacher d’une vague de compositeurs tous issus d’une même « matrice technologique » ! Où sont donc passés lyrisme, émotion, nostalgie… des « thèmes » ?

Jerry Goldsmith, tu nous manques beaucoup !