Blu-Ray Disc >Une piste isolée pour le score de Jerry Goldsmith !

Sorti le mois dernier, ce DVD Blu-Ray des Évadés de la Planète des singes fera le grand bonheur des fans de Jerry Goldsmith avec en bonus et en section isolée, le score complet totalement restauré. Même si musicalement, cet opus n'a plus rien à voir avec le style expérimental du film original, s'avère tout de même être un grand modèle d'efficacité dans sa structure générale.

Une écriture complexe, un monumental générique et une alchimie d'instruments dont seul le maestro en avait le secret. A ne pas manquer !

Merci à la fox d'avoir permis cela !

Un Score venu d'ailleurs !

Silver Age Classic - Vol. 12, n° 7

Décidément, l'actualité musicale est très fournie concernant le maestro Jerry Goldsmith. Il est certain que l'horizon musical est un peu maigrichon en ce moment. En tout cas, rien de bien spectaculaire ! Dans les années 80, les critiques de musiques de cinéma parlaient souvent de Jerry Goldsmith comme le « dinosaure » de la musique de film. Il est certain qu'avec de telles partitions, le terme « dinosaure » - qui peut paraître péjoratif au premier abord - était somme toute assez justifié. Après avoir déjà composé de grands chefs-d’œuvre tels que « Alien », « Star Trek The Motion Picture », « Planet of the Apes » ou bien encore « Logan’s Run », peu de compositeurs peuvent se targuer d'avoir sut renouveler l'exploit. Et pourtant, le maestro californien n'avait pas dit son dernier mot !

C'est à ce moment précis que Jerry Goldsmith entra dans la « quatrième dimension » !

Retour sur "Un Must incontournable !"

La série culte du début des années 60 se devait d'être adaptée au cinéma par de grands et bons réalisateurs. Ce ne sont ainsi pas moins de 4 réalisateurs qui se sont attelés au projet, John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller. Le film est divisé en 4 parties, 4 histoires brèves racontées selon le principe de la série: un personnage principal se retrouve plongé dans un univers parallèle au notre et pourtant très différent, dans lequel des choses surnaturelles et inexplicables arrivent: c'est la 4ème Dimension! Qui dit histoires différentes dans un film dit intérêt différent bien évidemment. Dans l'ensemble, le film est intéressant car on y trouve plusieurs styles différents suivant les visions personnelles des réalisateurs et des sujets qu'ils évoquent. On ne sera donc point surpris de retrouver la magie de l'enfance de Spielberg dans le segment N°2 ou l'univers à la fois terrifiant et enfantin de Joe Dante dans le segment N°3, sans oublier le premier segment réalisé par John Landis avec le prologue du film (Dan Aykroyd terrifie un automobiliste avec une transformation en monstre totalement inattendue, et c'est l’acteur lui-même qui conclut le film dans l'ambulance qui transporte un John Lithgow excellent dans son rôle d'homme totalement submergé par la peur). Ce premier segment raconte l’histoire de Bill Connor qui tient des propos racistes dans un bar avec deux de ses amis, avant de se retrouver lui-même dans la peau d'un juif persécuté par des nazis durant la guerre de 39/45, puis dans celle d'un noir persécuté par des membres du Ku-Klux-Klan aux Etats-Unis, continuant ainsi son périple cauchemardesque dans la peau d'un Vietnamien lors de la guerre en Corée pour revenir de nouveau à l'époque de 39/45 où des nazis l'emmènent malgré lui dans un camp de concentration. En clair, « Twilight Zone: The Movie » est évidemment un film qui plaira aux fans de la série TV mais aussi aux autres. Un voyage dans le temps et dans le fantastique certes mais également dans la magie de la musique de Jerry Goldsmith qui paraissait être le choix idéal pour composer la musique de ce film.

Le maestro californien avait déjà lui même composé plusieurs ségments pour des épisodes de la série TV au début des années 60. Goldsmith a donc écrit 4 sketchs musicaux pour illustrer les 4 histoires du film, sans oublier 'Overture' qui est utilisé non pas en ouverture mais dans le générique de fin. L'intérêt de la composition de Goldsmith, c'est qu'elle propose sa propre vision musicale des 4 histoires. Le thème magique de 'Kick The Can' que l'on retrouve dans 'Overture' n'est utilisé que pour l'histoire de Spielberg. Des redoutables percussions de « Time Out » aux violons "méphistoïques" de 'Nightmare at 20000 Feet' en passant par les passages délirants typiques de l’ambiance Toons de la Warner pour « It's a good life », les 4 séquences musicales possèdent leur propre caractère, leur propre style, apportant une très grande richesse à la partition du maestro. 'Overture' et 'Nightmare at 20000 Feet' font déjà partie des classiques incontournables dans l'immense carrière de Jerry Goldsmith, et la partition de « Twilight Zone: The Movie » est l'exemple même de ce que Jerry Goldsmith sait faire sous la stimulation de bons réalisateurs. Vous l'aurez donc compris, « Twilight Zone: The Movie » est une grande oeuvre à découvrir, composée la même année que « Psycho II » et le très populaire « Under Fire ».

Du grand Jerry Goldsmith !

Même si cet album n'est pas nouveau à proprement parler dans l'univers discographique du maestro - puisque la Warner l'avait déjà édité en CD dans la version identique au LP original - ce nouvel album est un sacré morceau à avaler. Qualitativement parlant, Film Score Monthly réalise ici un beau travail de restauration et met en avant les petits liens musicaux qui manquaient à cette redoutable partition... avec quelques passages inédits !

Rendez-vous sur le site de Film Score Monthly pour en savoir plus et en écouter davantage ! Filmscore

Jerry Goldsmith+Intrada pour le meilleur de l'ouest musical !

Après un « Boys From Brazil » complet qui fit le bonheur des inconditionnels de Jerry Goldsmith, le label Intrada édite en exclusivité mondiale le remarquable score pour le film « One Little Indian » (Le petit indien), modeste production Disney avec James Garner, Jodie Foster et Vera Miles. Comme à l’accoutumée, l'éditeur présente un ensemble de très haute de gamme avec un son restauré, des pistes stéréo ainsi qu’un livret à l'image de la collection "Prestige" du label.

Voici enfin une édition CD plus qu'attendue chez les fans de Jerry Goldsmith, pour cette oeuvre issue d’une période particulièrement riche pour le maestro. On retrouve ici la patte « Goldsmith » des grands westerns d’antan, de « Rio Conchos » à « Rio Lobo », en passant par d'autres de ses musiques écrites pour les grands espaces américains, une découverte pour beaucoup de fans car l'album est 100% inédit dans la discographie de Jerry Goldsmith ! Un musicien très inventif et inspiré comme à son habitude, combinant lyrisme et action à merveille, toujours très généreux dans ses effets instrumentaux et ses manipulations électroniques discrètes.

En conclusion, voilà un CD qui tombe à pic et qui nous replonge au cœur des années 70 !



Une musique superbe qui vous laissera "bouche B".

A coup sûr, une pièce maîtresse !

Merci à Doug Fake et son équipe pour cela et bravo !

Ecoutez !

Rendez-vous pour une analyse plus complète du Score ... A bientôt !

Dernier Hommage à Marice Jarre.

Comme beaucoup, nous avons appris la triste nouvelle il y a plusieurs semaines maintenant, le décès soudain du compositeur Maurice Jarre, une des dernières grandes icônes de la deuxième génération de compositeurs de musique dédiée au cinéma.

Atteint par le cancer depuis quelques temps, il passa les derniers jours de son existence entre Saint Moritz (Suisse) et Malibu, en compagnie de Fong, son épouse qu’il aimait par dessus tout. Maurice Jarre adorait la vie à Los Angeles et l’esprit « américain ». C’est dans cette ville emblématique du cinéma qu’il s’est éteint.

Photo de Maurice Jarre réalisée par Luk Monsaert - Avec l'aimable autorisation des organisateurs du World Soundtrack Academy.

C’est à Lyon, ville d’histoire et de résistance que tout débuta. Maurice y est né en 1924.

Il n’avait jamais oublié son enfance dans les vieux quartiers de Lyon car c’est là où tout c’est décidé pour le compositeur. Pas évident de convaincre papa et maman en leur apprenant que leur fils souhaitait devenir compositeur de musique et vivre de ce métier. La politique du pot de fer contre le pot de terre se mit en place et fut gagnante pour le jeune Maurice. C’est avec détermination et ténacité que le compositeur décrochera rapidement ses premier grands prix de musique.

Son succès, il ne le doit qu’à lui seul. Le jeune musicien vu l’étau musical se resserrer tout doucement, le théâtre et la dramaturgie devinrent indiscutablement son meilleur domaine d’expression musicale et de communication. Jean Villar, Georges Franju, David Lean mais aussi Henri Verneuil, Franco Zeffirelli, Peter Weir, George Miller…et tant d’autres hommes de théâtre et cinéastes de renom se sont occupés des valeurs sûres de Maurice Jarre et de son talent. Pour les films, il faut bien sûr citer « Laurence D’Arabie », « La fille de Ryan », les films de David Lean, mais il faudra également se souvenir d’autres œuvres qui ont contribué au rayonnement de ce musicien d’exception comme « Les Dimanches de Ville d’Avray », « Jésus de Nazareth », de Franco Zeffirelli pour lequel Maurice écrivit une œuvre « spirituelle » lumineuse par laquelle il fut frappé musicalement par la grâce. « Jacob’s Ladder », œuvre magnifique, à la fois spirituelle et difficile d’accès, doté d’un thème inoubliable d’un lyrisme poignant inégalé dans ce domaine, un tourbillon musical qui vous emporte dans un voyage nostalgique sans retour, un thème qui, pour ceux qui ne l’ont jamais entendu, ne vous laissera pas indifférent.

Entre temps, Maurice fut en 1964, juste avant son « grand départ » pour les USA, le temps d’un interlude guerrier, responsable de la mise en musique du film d’Henri Verneuil tiré du roman de Robert Merle, « Week-end à Zuydcoote», une oeuvre significative du compositeur qui combine à merveille « martialité » et « lyrisme ». Le martèlement des rythmes (point fort du compositeur), avec ici, la nostalgie d’une mélodie encore une fois inoubliable et mélancolique, synthétise tous les talents du maestro Jarre. Incontournable !

Comme pour beaucoup de compositeurs de musique de films, les années 80 ne seront pas fleurissantes, l’arrivée des synthétiseurs et la décadence d’un certain cinéma s’appauvrissant thématiquement tous les jours, obligea le maestro à s’essayer à des expérimentations musicales plus « modernes ». Ce fut certainement pour le compositeur une façon de se renouveler et de suivre un mouvement qui à coup sûr, s’avérait éphémère ! De cette période froide, il faudra retenir le très bon « The Year of the Living Dangerously » de Peter Weir, « Gorillas in the Mist », « Mosquito Coast », des partitions qu’il faudra apprécier à leur juste valeur et avec beaucoup de distance.

Par ailleurs, il faudra retenir, impérativement de son œuvre « Almost an Angel », « Moon Over Parador, « Prancer », « Agakuck » et le très beau « Au nom de tous les miens » de Robert Enrico et son travail considérable pour la série « Shogun », travail d’inspiration ethnique particulièrement séduisant et efficace. Des titres cités trop rarement par la presse qui feront assurément la richesse intimiste de la filmographie du compositeur.

Nous ne pouvons pas sortir des ces quelques mots sans citer le travail considérable (qualitativement) fourni par le maestro pour le film de George Miller « Mad Max 3 : Beyond Thunderdome ». Ecrite en 1983, il s’agit d’une oeuvre musicale « énorme » écrite pour orchestre symphonique, chœur, instruments rares et acoustiques. On se demanda à cette époque comment Maurice Jarre avait pu percer le bouclier « australien », détrônant ainsi le compositeur initialement prévu pour le projet, Brian May, issus de la guilde des compositeurs du continent et compositeur des deux premiers opus. Le choix de Miller s’avéra juste et efficace. Maurice Jarre livra l’un de ses meilleurs travaux (peut-être le meilleur, en tout cas à cette époque !), une musique puissante, poignante, pleine de valeurs, transpirante de sauvagerie, de sueur et de poussières. Jarre fut, le temps d’une partition, de nouveau au sommet de son art. Il renouvela ainsi, dans des temps plus modernes, l’expérience de « Laurence d’Arabie ». Le film n’aura certes pas le prestige de celui de « David Lean », mais la musique réussit malgré tout à parler d’elle hors de son contexte (et ce malgré le succès un brin trop causant de la chanson-clé de Tina Turner pour le film !). Maurice Jarre, appréciant personnellement cette musique, la placera souvent parmi ses sélections musicales pour des concerts : ce sera la suite « Thunderdome ».

Un petit mot au sujet de l’EVI (Electronic Valve Instrument). C’est pour le film « Witness » et avec la complicité de Neil Steiner, soliste et ami (inventeur), que le maestro Jarre manipulera les effets électroniques de la musique du film de Peter Weir. Un instrument inouï, d’une richesse sonore inépuisable, produisant des sons à l’infini. C’est pour ce superbe instrument que Maurice écrira d’ailleurs « son concerto pour EVI » qu’il dédia à Fong, pièce maîtresse de musique unique et maîtrisée de bout en bout. On y retrouve tout le savoir-faire du compositeur. A la fois inventive, évocatrice, source de connotations multiples, qui invite au voyage… Tout bonnement splendide !

Pour tous ceux qui ne connaissent pas cette œuvre, l’équipe de « The Musical Law » vous invite sans plus tarder à la découvrir ! Une création hors cinéma qui prouvait encore une fois que Maurice Jarre était un compositeur à part entière et qu’il avait choisit d’œuvrer pour le cinéma par passion des acteurs et de leur jeu.

La société PRELIGHT Production a récemment signé un documentaire poignant et émouvant sur le maestro, un compositeur émouvant et un être à la sensibilité à fleur de peau, un ultime témoignage de la passion du maestro Jarre.

Maurice Jarre aimait Brahms, Malher, Mozart, et adorait particulièrement s’évader du monde en écoutant leurs œuvres. Perfectionniste de fond, il avait gardé une âme d’enfant que toute émotion pouvait ébranler. Pour être revenu plusieurs fois en France dernièrement, il parlait de ses collègues compositeurs avec beaucoup de respect. Il citait souvent le travail de Jerry Goldsmith entre autres et en parlait comme un compositeur « suprême » ! Maurice Jarre, aussi humble soit-il, le fut tout autant ! Adieu, maestro, que la musique vous préserve en paix !

Pascal & Quentin.

Filmscore Monthly explore la musique de Dr Kildare !

Très bonne nouvelle de la part de l'éditeur Américain, renommé pour ces éditions anciennes, éditant en 3 CDs, une grande partie des musiques qui ont habillé cette prestigieuse série des années 60 produite par la MGM et dont le héro n'était autre que le jeune Richard Chamberlain.

Qui n'a pas le souvenir de cette majestueuse ouverture du Maestro Goldsmith qui annoncé le début de chaque programme. Un générique ample très bien écrit, résonnant déjà comme un avant goût à de futur grands score comme "The Sand Pebbles" ou encore l' ouverture du Prologue de "L'Agonie et l'Extase". Le temps de 3 cds et à peu prêt 30heures 30 de musique, Filmscore nous replonge au coeur de cette série avec plusieurs versions (suivant les saisons) du thème principal, le pilote ainsi que plusieurs épisodes mis en musique à l'époque par le jeune Jerrald Goldsmith. Un événement incontournable pour les fans du musicien à ses débuts. Un travail de grande qualité incontestablement qui permis au musicien d'accroitre une forte notoriété et également une période d'enthousiasme pendant laquelle Jerry Goldsmith faisait ses premiers pas entant que free-lance !

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Adieu maestro !

Jeudi 2 avril 2009, Une pensée profonde pour Fong, son épouse et toute la famille de Maurice Jarre en cette difficile journée marquée par les obsèques du Maestro à Los Angeles.

Il n’en composera plus malheureusement mais sa musique résonnera toujours au fond de nous. Maurice Alexis Jarre, compositeur, icône de toute une génération de musiciens qui a voué sa vie au service du cinéma international. France, Italie, Angleterre, Japon… mais ce fut avant tout l’Amérique qui le récompensa et reconnut ses talents de compositeur avec un premier film à grand spectacle produit par Sam Spiegel : "Lauwrence Of Arabia" de Sir David Lean.

Dès ce jour les deux hommes ne se quitteront plus enchaînant autant de films et de musiques mémorables pour lesquelles Maurice sera également récompensé. Est-il encore nécessaire de présenter Maurice Jarre et son immense talent de musicien de film. Reconnu dans le monde entier, il est avec Miklos Rozsa et Michel Legrand, « le compositeur » le plus récompensé au Monde.

Maurice Jarre a toujours eu le don de captiver musicalement et ce, avec 3 ou 4 musiciens autant qu’avec 80 ou 100 . Compositeur économique à ses débuts, il employait aussi peu d’instruments que possible. Pour lui, chaque chose, chaque lieu, et même l’objet le plus banal possible pouvait être matérialisé par un instrument, un son. A l’extrême et, exceptionnellement, il savait défouler un orchestre de plus de 100 musiciens afin de donner le souffle et l’impression d’une fresque monumentale.

De l’histoire intimiste à l’épopée guerrière, Maurice Jarre était à l’aise dans tous les genres que ce soit au cinéma comme à la télévision. Trop peu sollicité pour le petit écran, il laisse derrière lui une musique inoubliable pour la série « SHOGUN » mais également d’autres titres moins connus comme « Vendredi ou la vie Sauvage » de Gérard Vergez pour laquelle Maurice composa une très belle mélodie. Amoureux des instruments rares et des sons nouveaux, le musicien nous a fait redécouvrir le monde les yeux fermés par ses expériences souvent symphoniques mais également synthétiques. Ouvert à toutes formes d’expressions musicales, Maurice Jarre savait séduire par un lyrisme à fleur de peau et à d’autres moments rendre sa musique très difficile d’accès.

Toujours juste musicalement, Maurice Jarre savait exactement ce qu’il fallait pour un film. Toutes ses récompenses internationales et ses 3 oscars à Hollywood en sont la preuve. Sans œuvrer dans ce sens, beaucoup de ses thèmes se transformèrent en « tubes » comme il le disait : « La chanson de Lara », « Paris se met en colère », le thème lyrique du film « la nuit des généraux » fut interprété à plusieurs reprises par la chanteuse Mireille Mathieu. Des thèmes marquants composés uniquement dans le cadre dramatique d’un film, appropriés par des paroliers et des chanteurs de renommée mondiale mais également popularisé par un public friand de ses mélodies inoubliables.

Au-delà d’une passion sans limite pour la musique, Maurice Jarre était un homme qui aimait la vie, la nature, les animaux, le silence et surtout la compagnie de son épouse, Fong qu’il avait rencontré lors du tournage de « L’année de tous les dangers » qu’il aimait par dessus tout.

Afin de rendre Hommage à ce grand monsieur, nous avons choisi de citer quelques notes trouvées au dos de l’album « Fold out » de « Paris Brûle-t'il ? » qui caractérise bien le talent et la folie du musicien prêt-à-tout pour obtenir un effet, un rendu, une vibration… toute l’émotion de « L’ homme à la musique ».

« Grâce à douze pianos, j’ai obtenu un son à l’intérieur du son, un battement retenu et étouffé symbolisant le martèlement des pas dans les rues, ainsi le thème allemand qui est inquiétant, étrange et mystérieux. Pour évoquer la résistance, j’ai choisi un seul rythme, très simple, donné par la caisse claire, précise Maurice Jarre, pour que très vite le spectateur se familiarise avec le thème et sache qu’il représente la force cachée de la résistance.

J’ai été très fier que René Clément ait pensé à moi pour écrire la musique de ce film. Je sentais bien le sujet et ai compris immédiatement que se serait un travail énorme mais exaltant. A la libération de Paris, j’avais 14 ans. Ce fut une période de crainte constante. Tous ceux qui avaient entre 13 et 30 ans étaient menacés. Je me rappelle très bien la peur affreuse que nous avions de l’occupant, mais aussi un très grand espoir que soulevait l’idée de la libération. Les deux dernières années furent les plus difficiles. Nous avions constamment faim. Je revois encore mon père qui, à l’aide d’un pèse-lettres, pesait à chaque repas les morceaux de pain qu’il nous distribuait. C’était atroce ! Nous devions continuellement nous cacher. Que ce soit dans le métro ou dans la rue, le danger nous guettait partout et nous vivions dans la terreur perpétuelle d’être pris par l’occupant et envoyés en Allemagne pour le service obligatoire. Ce fut le sort de beaucoup de mes amis et c’est à eux et à tous ceux qui sont morts pour que Paris soit aujourd’hui une ville libre que je dédie cette musique ». Maurice Jarre 1966

Adieu maestro, reposes en paix, ta musique est avec nous.

Toute l'équipe du Site Français consacré à Jerry Goldsmith adresse ses plus sincères condoléances à Fong , ses enfants, ses amis...