Un peu précoce pour faire les cadeaux mais celui-là, il faut l'acquérir tout de suite car il ne fera pas une semaine dans les stocks, c'est sûr. La fin d'année est décidément très consistante ( tant mieux !) concernant les oeuvres du maestro mais le gâteau n'arrive jamais sans la cerise, et La voilà ! INNERSPACE COMPLETE SCORE ! Nous pouvons dire un grand merci à L'ÉQUIPE de "La La Land" d'avoir enfin pallié à cet énorme manque. Nous savions depuis bien longtemps que ce merveilleux score complexe de Jerry Goldsmith ne contenait pas que 20 minutes de musique. Oeuvre accomplie et riche, représentant à ce jour une des plus belle symbiose électronique/Symphonique pour ce genre de film. Un score, comme d'habitude, "à la bonne pointure" pour le film de Joe Dante, toute la Magie du maestro est bien là, lyrisme, mystère, action, humour, clin-d'oeil (à Ennio Morricone) , Jerry Goldsmith libère une créativité sans limite.

Depuis "Star Trek/The motion Picture" , Le maestro n'avait jamais été aussi loin dans la recherche musicale. Complexe mais hyper-accessible, le score est beau, enveloppé, grandiose, chaleureux, très surprenant dans les effets stéréophoniques ( écoutez le au casque ! ), caractérisant à merveille la personnalité et le "génie" de son auteur.

Un pur chef-d'oeuvre de modernité ! Innerspace, Innerscore !

Ce fut, à cette période, les retrouvailles entre Jerry Goldsmith et le réalisateur Joe Dante après ‘Twilight Zone The Movie’, ‘Gremlins’ et ‘Explorers’. ‘Innerspace’ demeure sans aucun doute la partition la plus orientée vers l’action et le rythme que Goldsmith ait écrit pour un film de Joe Dante. Mélangés à l’orchestre symphonique habituel, les effets électroniques sont époustouflants. Un petit thème héroïque accompagne le personnage principal, Jack Putter (Martin Short), qui, d'un loser sans personnalité, va petit à petit se transformer en un héro intrépide. L'aventure à l'intérieur du corps de Jack est caractérisé par un motif de cordes mystérieux à la ‘Total Recall’, idéal pour représenter l'idée de la découverte d'un autre monde (ici, celui du corps humain). Quand au personnage du tueur au doigt-pistolet, Goldsmith a décidé représenter ses apparitions à l'écran par des percussions métalliques agressives, illustrant la froideur et le manque de sentiment total de cette grosse brute. On y retrouve bien entendu un magnifique ‘Love Theme’ pour la relation entre le personnage de Dennis Quaid et la très craquante Meg Ryan, thème romantique qui apporte un peu d’émotion et de poésie à un score somme toute largement dominé par l’action.

Goldsmith renoue ainsi avec ses fameux mélanges orchestre/synthé, et comme d'habitude dans ses musiques pour les films de Joe Dante, le compositeur utilise de nombreux effets électroniques inventifs et parfois décalés, notamment les sons de radars accompagnant certaines pièces de la BO, comme dans le morceau du générique de début, sans oublier les pulsations proches de battements de coeur. Mais l’une des meilleures touches d'humour de la partition de ‘Innerspace’ vient du personnage du cow-boy, représenté par un motif ironique pastichant les musiques de westerns d’Ennio Morricone. Jerry Goldsmith utilise des sifflets, un harmonica, des sonorités typiquement "cow-boy" pour représenter le personnage ridicule incarné dans le film par Robert Picardo (acteur fétiche de Joe Dante). Le maestro californien, connu pour son grand sens de l'humour, s'est régalé avec ces passages amusants, rompant avec l’ambiance souvent lourde et massive du reste de la partition.

Il y a effectivement beaucoup de musique dans le film et peu de temps de respiration. Les morceaux d'action, notamment celles des courses-poursuites, se succèdent à un rythme effréné et demeurent absolument typiques du style action de Goldsmith, c'est-à-dire: excitant, efficace, enlevé, rythmé, etc. On y retrouve une complexité d’écriture chère au compositeur avec des rythmiques électroniques omniprésentes et des orchestrations très fouillées notamment une utilisation souvent adéquate des sourdines sur les cuivres/trompettes, trombones, cors, etc. Ajoutons à cela quelques touches romantiques magnifiques et savoureuses entre "Tuck" (Dennis Quaid) et Lydia (Meg Ryan), avec, au passage, un ‘Love Theme’ de toute beauté qui rappelle un peu celui de ‘The Lonely Guy’ (1984), et l'on obtient ‘Innerspace’, une partition orchestrale dont la seule édition discographique officielle fut jusqu' à ce jour un album "Geffen" ne contenant hélas que 20 minutes du score de Goldsmith. Une partition de qualité qui apporte une énergie et un certain fun au film tout en dynamisant les scènes d’action/aventure sur un rythme très soutenu. On appréciera ici la qualité des divers thèmes de la partition de Goldsmith, qui semble s’être bien amusé une fois de plus sur ce film de Joe Dante!