Double coup de maître !
Par Cal, mercredi 9 décembre 2009 à 18:24 :: General :: #94 :: rss
Fidèles lecteurs, notre équipe en parlait encore il y a quelques temps, espérant un jour voir un bon label éditer enfin un album complet et restauré de la musique du film « Freud, passions secrètes » du grand Jerry Goldsmith pour le film méconnu de John Huston avec Montgomery Clift dans le rôle du célèbre psychanalyste autrichien considéré encore aujourd’hui comme le père fondateur de la psychanalyse moderne.
« Freud » est une oeuvre unique, tonale et atonale à la fois, comme bon nombre d’autres partitions du maestro à l’instar de celles de « Planet of the Apes » ou de « The Satan Bug », une musique sombre certes, très inspirée, audacieuse et aussi très risquée pour son époque. Inspiration de génie ou intuition musicale juste, Jerry Goldsmith associera aux expériences psychologiques du célèbre Sigmund Freud sa propre expérience musicale, un chef-d'oeuvre époustouflant de mystère qui demeure encore aujourd’hui toujours aussi « avant-gardiste » qu’à l’époque de sa composition. Rappelons d’ailleurs qu’il s’agit à coup sûr de la première œuvre majeure du maestro, qui lui permit ainsi de remporter sa première nomination à un Academy Award en 1962 (la même année où Goldsmith composa une autre œuvre majeure, « Lonely Are The Brave »). Pour anecdote, une partie de la musique de « Freud » sera réutilisée une décennie plus tard dans « Alien » de Ridley Scott en 1979, et ce au grand dam du maestro.

Nul doute que « Freud » reste encore aujourd’hui un sacré coup de maître de la part de Jerry Goldsmith, une œuvre de jeunesse d’une maturité époustouflante et aussi une démonstration de toute la science d’écriture et de l’immense savoir-faire d’un compositeur s’inspirant à la fois de Berg et de Bartók pour parvenir à ses fins. Ses descriptions des scènes d’hypnose lors des séances avec le professeur Charcot au début du film sont tout simplement uniques en leur genre : le maestro touche ici à la noirceur de l’inconscient humain avec une certaine angoisse sous-jacente à faire frémir les plus endurcis, mélangeant les instruments traditionnels de l’orchestre symphonique avec quelques touches électroniques encore assez rares pour l’époque (certaines séquences oniriques incluant des expérimentations purement électroniques du compositeur Henk Badings) : du très grand art, tout simplement !
Un grand bravo à toute l’équipe de Robert Townson pour cette édition tant attendue ! Pour en savoir plus au sujet de cette remarquable musique, nous vous invitons à basculer sur la rubrique « chefs-d’œuvre » du site en lisant notre analyse freudienne made in « Musical Law ».
Pascal & Quentin...
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