Jerry Goldsmith et Sally Stevens...

Dans notre dernier sujet de rétrospective consacré au dessin animé « Brisby et le secret de Nimh » et à sa superbe partition composée par Jerry Goldsmith, nous faisions allusion à la chanson écrite par le très populaire parolier Paul Williams qui fut interprétée dans le film d’une voix douce par Sally Stevens. Une interprétation parfaite qui apporta à cette délicate berceuse une étincelle de magie supplémentaire. A l’occasion de notre rétrospective, nous en avons profité pour faire la promotion en France du site internet de Sally Stevens que nous vous invitons à visiter sans plus attendre.

C’est pour quoi, en exclusivité pour le site The Musical Law, nous lui avons également demandé de nous compter un petit souvenir de cette merveilleuse collaboration avec le maestro Jerry Goldsmith, qui remonte déjà à quelques années maintenant.

Nous tenons tout d’abord à remercier humblement Sally Stevens d’avoir répondu à notre demande avec une grande rapidité et une extrême gentillesse.

Bravo pour ce que vous faites Sally et merci encore…



"It was a great honor to work with Jerry, and I did so many times over the years. For THE SECRET OF NIMH, I remember singing that sweet song in the studio with him, and as I recall, we recorded it live with the orchestra. That is not done so often now. But it was so long ago, that aside from remembering that I was so pleased and excited to have been asked to sing the song, I don't remember too many details from the session.

Jerry was so admired and respected by all the musicians here in Los Angeles, and I believe around the world. The last project I worked on for him was "Looney Tunes: Back In Action" in 2003, one of the last scores he wrote. He was very ill at the time, and had to conserve his strength, so he would conduct the orchestra a limited length of time, and then leave, and we recorded the vocals with one of his orchestrators in the booth. It was just a small vocal group, but was fun because one of the cues involved my high solo vocal creating the sound of a Theremin (that early electronic instrument). Jerry was there for that cue, and we had fun doing it!"

www.sallystevensphotography.com/filmscoring.html

Intrada voit rouge !

Nous en avions rêvé, Intrada Records l’a fait ! Quelle frustration de ne pas avoir pu profiter plus tôt d’une édition discographique digne de ce nom pour « The Boys from Brazil » (1978), l’un des grands chef-d’œuvres du maestro Jerry Goldsmith. Douglass Fake et toute son équipe viennent de sortir ainsi un double CD consacré à l’intégrale de la partition du film de Franklin J. Schaffner, une version complète réclamée depuis de nombreuses années.

Écoutez les extraits.

Comme pour le récent « Baby : Secret of the Lost Legend », le boîtier de l’album est très soigné, pressage très bon, design respecté, un livret dense, et avant tout plus de 50 minutes de musique restaurée. La musique de « The Boys from Brazil », comme nous le signalions déjà dans une de nos toutes dernières rétrospectives, demeure haute en couleurs et fonctionne en parfaite alchimie avec les images du film, une alchimie dont seul Jerry Goldsmith possédait le secret.

Encore un grand bravo à Douglass Fake et Intrada : après « Baby », il fallait réellement s’occuper de ce score unique en son genre. Un bien bel hommage à deux grands hommes disparus !




Franklin J Schaffner/Jerry Goldsmith Une collaboration sans faille !

1978 fut une année très riche et productive pour le maestro Jerry Goldsmith. Après avoir terminé les partitions de « Magic », « Coma », « The Swarm », et « Capricorn One », le compositeur retrouvait enfin son grand ami et complice, le metteur en scène Franklin J. Schaffner pour un nouveau film : « The Boys from Brazil ».

Un an s’était écoulé depuis « Islands in the Stream ». Jerry Goldsmith n’avait pas eu le temps de poser ses valises qu’il reprenait déjà le chemin des studios hollywoodiens pour un sujet qui n’était pas des moindres et qui le touchait tout particulièrement : la traque de Josef Menguele, le fameux bourreau du camp d’extermination d’Auschwitz. Pour ce nouveau défi, le musicien ne dérogea pas à la règle : qualité, inventivité et brio étaient ainsi au rendez-vous !

Jerry Goldsmith, qui était alors au meilleur de sa forme, fut particulièrement attiré par un sujet comme il les appréciait, tout en demi-teinte, le film de Schaffner n’étant ni de l’histoire pure, ni de la science-fiction, ni de l’aventure; il est, en définitive, les trois à la fois. La partition du maestro s’en ressent particulièrement par sa grande variété de couleurs, la présence d’une valse obsédante et menaçante d’une sobriété mélodique étonnante, compensée par la richesse d’une orchestration alternant passages violents ou lyriques selon les moments. Ne nous y trompons pas, nous sommes bel et bien en présence d’une œuvre musicale fortement inspirée, traversée de glissements harmoniques et autres superpositions de sonorités chromatiques qui rappellent, avec une certaine virtuosité, la signature du grand maître.

Il y a des mesures poignantes, des envolées lyriques et d’autres plus tendues. La partition de « The Boys from Brazil » demeure riche, étudiée dans ses moindres détails, variée, fruit d’une collaboration artistique exemplaire entre deux grands hommes du cinéma : l’un derrière la caméra, l’autre derrière son pupitre. Signalons au passage la façon assez unique dont Goldsmith connote discrètement sa musique, qu’elle soit d’inspiration sud-américaine ou germanique, utilisant quelques notes de trompettes en contrepoint.

Voici donc une partition d’exception qui comblera tous les inconditionnels du maître californien, dont le style vigoureux imprègne chaque mesure, qu’il s’agisse de composition ou de direction d’orchestre. C’est ainsi que, film après film, Jerry Goldsmith confirmait ce que nous savions déjà à son sujet : qu’il était de ceux qui ne déçoivent jamais mais qui savaient toujours nous étonner. Avec son mélange unique de genres musicaux, « The Boys from Brazil » restera pour toujours un tournant important dans la carrière du compositeur, comme le fut la musique pour la gigantesque mini série « QB VII » en 1974. En définitive, Jerry Goldsmith possédait un seul credo : ne jamais vivre sur ses acquis !

« Lorsque vous faites appel à un compositeur comme Jerry Goldsmith, il faut vous attendre à l’inattendu le plus total ! » Franklin J. Schaffner, 1982

« J’aime ce genre de films, et c’est encore plus merveilleux lorsque c’est avec Hank à la mise en scène. J’ai fait « QB VII », « Masada » et « The Boys from Brazil ». Je ne refuserais jamais de faire la musique d’un film qui traite du génocide juif. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. » Jerry Goldsmith, 1985

Pour finir, nous dédicaçons cette revue à monsieur Bertrand Borie, célèbre critique français de musique de films et grand admirateur de l’œuvre de Jerry Goldsmith.

…à la mémoire des 6 000 000 d’âmes disparues au cours de cette période tragique de notre Histoire…

© Droits réservés - Attention, cette affiche n'existe pas officiellement ! C'est un travail graphique exclusivement réalisé avec grand respect par nos soins à partir d'images du film, et dont l’unique but est d'illustrer au mieux notre article et de valoriser par la même occasion l'oeuvre de Jerry Goldsmith.

Analyse...

Jerry Goldsmith retrouve une fois encore son grand complice Franklin J. Schaffner avec qui il signa certains de ses plus grands chefs d'oeuvres tels que 'Planet of The Apes', 'Patton', 'Papillon' ou 'Islands in The Stream' (sans oublier le fait que sa première collaboration avec le réalisateur remonte déjà à 'The Stripper' en 1963). Pour 'The Boys from Brazil' (Ces enfants qui venaient du Brésil), Goldsmith nous livre une très solide partition thriller au suspense tout aussi soutenu que dans le film, l'attraction principale du score restant indiscutablement la fameuse grande valse que le compositeur a écrit pour le long-métrage de Schaffner et qui fait office de thème principal de la partition.

La valse de 'The Boys from Brazil' fait partie des grandes mélodies écrites par le compositeur dans les années 70, années propices à l’imagination du maestro et qui lui ont permis d'accoucher de certains de ses plus grands chefs d'oeuvre. Entièrement symphonique, le score de ‘The Boys from Brazil’ retranscrit l’atmosphère de cette sombre intrigue fasciste au cœur du film en entretenant un suspense assez pesant largement véhiculé à travers le motif rythmique de cuivres menaçants liés au Dr. Josef Mengele (Gregory Peck) et son sinistre complot. Ce motif intervient dès la première scène du film et sera présent jusqu'au bout après avoir subit toute une série de développements.

©Droits réservés///The musical Law

Quand à la fameuse valse faisant office de thème principal, elle est introduite dans l'assez brève ouverture du film et pose d’emblée l'esprit typiquement 'germanique' du score: effectivement, Jerry Goldsmith rend ici un brillant hommage au style des célèbres valses de Johann Strauss en créant cette grande danse tout à fait dans l'esprit des valses viennoises du 19ème siècle. Le thème se construit autour d’orchestrations brillantes, incluant cors, trompettes et cordes flottantes, reposant sur des harmonies à la fois simples et élégantes même si la deuxième partie de la valse s'emballe très nettement et fait intervenir le motif rythmique menaçant de Mengele, on pense alors au style plus torturé et sombre de la fameuse 'Valse' de Maurice Ravel, bien qu'ici le morceau de Goldsmith possède une consonance plus germanique d'esprit. D'autre part, ce choix d'une valse de type viennois à la Johann Strauss paraît plus qu'évident étant donné le contexte du film: même si Goldsmith associe cette valse au personnage d’Ezra Lieberman (Laurence Olivier) le personnage est originaire de Vienne et on entend ainsi la valse intervenir dans la scène du début où Lieberman descend d'un bus, scène qui permet d'introduire ce personnage principal on ne peut que penser au style à la fois ludique et cérémonieux de ces grandes valses viennoises qui nous rapprochent alors ici des nazis ce n'est d’ailleurs pas pour rien si l'on voit dans une scène du film des nazis danser au son du célèbre 'Beau Danube Bleu' de Johann Strauss. Cette mélodie possède un côté fasciste et ambigu (d’où une seconde partie plus sombre), ambiguïté qui instaure finalement une grande richesse d'idées dans cette excellente pièce.

Quoiqu'il en soit, il est évident que la valse principale est l'atout incontestable de la partition de ‘The Boys from Brazil’, qui démontre une fois encore toute l’étendue du talent du compositeur qui recherche continuellement le ton juste pour les films qu'il met en musique, surtout dans les films de Schaffner qui l'ont toujours particulièrement inspiré, en particulier lorsqu'il s'agit de se lancer de véritables défis artistiques/musicaux comme ce fut le cas sur l'inoubliable 'Planet of The Apes' ou sur 'Patton'. Le score de ‘The Boys from Brazil’ est somme toute assez conventionnel au regard des précédents chef-d’œuvres que nous a offert Jerry Goldsmith sur les anciens films de Schaffner, mais ses qualités sont bien présentes et indissociables des images du film.

La première scène du film évoque l'arrivée des nazis espionnés par Barry Kohler (Steve Guttenberg), scène introduisant le motif rythmique de cuivres menaçant liés aux nazis. Le reste du score développe à travers des orchestrations toujours très riches et tendues le style suspense/thriller du score, traversé par quelques brèves allusions au thème principal qui perd de plus en plus son importance au fur et à mesure que l’histoire du film progresse. On pourrait d’ailleurs ajouter que c'est le motif de Mengele qui finit par prendre le dessus dans le film, ce motif assez pesant devenant très vite omniprésent dans la plupart des morceaux sombres du score. Ce sont les cordes qui font véhiculer la tension à travers les quelques moments de suspense du score ou dans les passages d’action plus conventionnels (scène de l'affrontement final avec les chiens par exemple, Goldsmith faisant preuve une fois de plus d'un grand talent d'écriture lorsqu'il s'agit de faire éclater l'action), les cuivres étant plus souvent liés à l'aspect dangereux représenté par Mengele et sa horde de nazis, associés aux trombones et aux tubas. On pourrait d’ailleurs faire le rapprochement entre ce motif et le style rythmique d'un autre grand score thriller de l'époque, 'Capricorn One'. Il est vrai que Jerry Goldsmith renoue quelque part ici avec le style suspense de son score pour le film de Peter Hyams datant de 1977.

C'est tout de même la première scène d'introduction du film qui permet au thème de Mengele de se développer dans sa version intégrale avant de subir toute une série de développements (après tout, le personnage lui même change au court du film puisqu'il doit se résoudre ainsi à accomplir lui même sa tâche tout seul). Le thème est posé dès le début sous la forme d'une marche pesante et menaçante (une troupe de soldats défilent à l'écran dans la scène au Paraguay), l'illustration parfaite des nazis machiavéliques. Le reste du score de ‘The Boys from Brazil’ décrit donc la double traque du film, celle de Josef Mengele qui part à la recherche des personnes qu'il doit faire assassiner, et celle de Ezra Lieberman qui va tout faire pour stopper l'ancien tortionnaire nazi du camp de concentration d’Auschwitz.

1965 - Au coeur d'un prologue innatendu !

A venir ...

Dans le cadre de nos rétrospectives, une analyse musicale détaillée concernant le prologue du film "L'extase et l'agonie" composée en 1965 par le maestro Jerry Goldsmith.

A bientôt...

Interview du Maestro...

Une des dernières interview du maestro Jerry Goldsmith, raccontant ses premières années à chaîne CBS lorsqu' il commença en tant que dactylographe au département de musique. Un document superbe et exceptionnel !

Voir les films...

Jerry Goldsmith par Sarah Brightman...

Voici une autre vidéo/montage de quelques belles images du film POWDER avec une version plus complète de la chanson "No one Like you" interprétée par la majestueuse Sarah Brightman. Quel bel hommage au très regretté maestro.

Quelques "notes" de Magie

C'est en 1982, année musicale énorme pour le maestro Jerry Goldsmith, que débute l'écriture de la musique du chef-d'oeuvre de Don Bluth, THE SECRET OF NIMH ("Brisby et le secret de Nimh"), œuvre ô combien importante dans la carrière du maestro qui correspond à une première insertion musicale dans le monde du dessin animé. Avec ce film d'animation de haute facture, Don Bluth, ancien dessinateur talentueux de chez Disney prouvait, en collaboration avec Gary Goldman, qu'il y avait encore moyen d'apporter à l'image dessinée en mouvement, plus de fluidité, d'effet de colorisation et de magie comme peu d'animateurs l'avaient fait auparavant. En faisant appel au musicien le plus inventif et innovateur de l'époque, les concepteurs du film ne pouvaient que faire mouche et assurer par dessus tout la cerise sur le gâteau.

Au delà des procédés et des techniques d'animation qui l'intéressait fortement, c'est avant tout par goût de l’émotion que le compositeur se laissa séduire par cette merveilleuse histoire de souris.

Grandiose, subtile, magique, féroce, évocative, autant de qualificatifs pour ce joyau de la musique de film radieuse et intelligente à travers laquelle le maestro Goldsmith, à la manière d'un Prokofiev, codifiera les faits, les gestes et les mimiques de ces petites souris de Nimh.

A l'opposé de la trame classique d'un grand dessin animé, Jerry Goldsmith optimisera la musique sur un maximum d'images afin de renforcer l'histoire et d'explorer les expressions et les émotions là où aucun metteur en scène n'est capable d’aller.

Au delà de la puissance de l'oeuvre, le point culminant de la partition restera sans aucun doute la manière dont le compositeur californien traita musicalement les scènes d'action pures. Goldsmith ré introduira avec une créativité intense ses techniques de composition similaires à celles qu’il utilisait dans ses films traditionnels, offrant ainsi à chaque scène d'action une dimension grandiose et inhabituelle.

Tel fut le challenge de Jerry Goldsmith.



« Les scènes sont, comme le veut la tradition, bien plus courtes sur un film animé que sur un film « live ». Par conséquent, elles nécessitent une plus grande unité musicale. J’ai donc décidé d’écrire cette musique comme s’il s’agissait d’un film « live », pensant ainsi que cela permettrait de renforcer la continuité et de maintenir un sentiment de « réalité ». La première projection du film avec la bande son « synchronisée » m’a convaincu de la justesse de cette approche. Le fait que tous les éléments soient crées artistiquement apportent un effet grandiose au film ; dialogue, couleurs, action et musique semblent se mélanger étroitement, apportant un impact dramatique et émotionnel incommensurable au film. »

Jerry Goldsmith

Le maestro reviendra quelques années plus tard vers le dessin animé pour la firme Disney avec le très somptueux MULAN, qui demeure à ce jour un des plus grands moments dans la carrière du compositeur. THE SECRET OF NIMH restera néanmoins une expérience unique dans la carrière du musicien avec un style constamment en évolution, qui atteindra son apogée quelques années plus tard avec le chef-d’oeuvre de Ridley Scott, LEGEND…magie oblige!

En cette fin d'année 1982, Jerry Goldsmith n'eut pas le temps de poser sa plume...il enchaîna successivement sur les scores de POLTERGEIST, THE CHALLENGE et FIRST BLOOD de Ted Kotcheff, une oeuvre musicale encore unique et originale en son genre !

Introduction et Création Artistique : Pascal Dupont

Traduction et analyse musicale : Quentin Billard

Toute LA LUMIÈRE sur la splendide partition de Jerry Goldsmith

En 1982, Jerry Goldsmith avait déjà une splendide carrière derrière lui. Après les chefs-d’œuvre des années 60/70, 'Planet of The Apes', 'Patton', 'Papillon', 'Chinatown', 'The Omen', 'Star Trek: The Motion Picture' et 'Alien', Goldsmith entra dans les années 80 avec quelques grandes oeuvres qui ont laissé une trace indélébile dans sa carrière, comme c'est le cas pour l'inoubliable 'Poltergeist' et 'First Blood', deux BO composées la même année que 'The Secret of Nimh'. Ce dernier demeure le premier film d'animation que Goldsmith mit en musique en 1982. Il faudra attendre 1998 avec 'Mulan' de Disney pour voir le compositeur travailler à nouveau sur un film d’animation. 'The Secret of Nimh' est indiscutablement une BO exemplaire dans son domaine, d’abord parce que Jerry Goldsmith a su éviter les clichés faciles du mickeymousing pour en faire une oeuvre personnelle, complexe et surtout étonnamment sombre étant donné le contexte du film.

La partition de 'The Secret of Nimh' est entièrement symphonique, avec à la clé une brillante interprétation du National Philharmonic Orchestra of London, l’orchestre favori du compositeur. Le thème principal de la partition évoque clairement le personnage de Mme Brisby qui va tout mettre en œuvre pour sauver sa maison menacée par le tracteur de la ferme du coin. Seule ombre au tableau, son fils Thimotée est malade et ne peut pas être déplacé. Ainsi, et comme l'exprime la très belle chanson clé du film, 'Flying Dream' (deux interprétations, une de Sally Stevens, l'autre de son parolier Paul Williams), le thème principal évoque la tendresse et l'amour maternel de Mme. Brisby pour son fils, avec un côté tendre, émerveillé, voire par moment féerique, le thème rappelant d’ailleurs par moment celui de 'Legend' (1985), exposé dès l’apparition du titre dans le 'Main Title'. Goldsmith ouvre le film d'une manière un peu fantastique, utilisant des choeurs pour affirmer un climat mystérieux baignant dans une écriture orchestrale fluide et aérienne dans la lignée de Claude Debussy (l’influence du compositeur français étant ici particulièrement flagrante dans les harmonies et les orchestrations du morceau). Le morceau accompagne les plans où l'on entend Nicodémus parler du défunt mari de Mme Brisby, Jonathan, en ouverture du film. Le thème principal, accompagné d'un petit motif de 4 notes, évoque aussi la chaleur familiale lors des plans où l'on aperçoit la maison de la famille Brisby.

Le reste de la partition de ‘The Secret of Nimh’ oscille entre action/aventure et passages plus sombres, comme pour la séquence de la maison du Grand Hibou. La musique de Goldsmith affiche une certaine noirceur dans ces passages du film, dont l'utilisation d’un langage plus atonal ne peut que rappeler certaines de ses oeuvres fantastiques telles que 'Alien' ou 'Poltergeist', sans pour autant posséder le moindre contenu horrifique, bien évidemment. Jerry Goldsmith a donc su éviter le piège de la facilité de certaines musiques de dessin animé enfantines pour élaborer a contrario une oeuvre mure et adulte qui aurait aussi bien pu appartenir à un film dramatique joué par de vrais acteurs. Bien sûr, on retrouve par moment un certain humour proche de ses musiques de comédie, comme c'est le cas pour les passages avec le corbeau facétieux, le grand ami de Mme Brisby, séquences dans lesquelles Goldsmith a l'air de particulièrement s'amuser (n'oublions que le compositeur à la queue de cheval était réputé pour son grand sens de l’humour!), bien avant de partir dans l'action et la noirceur de certains morceaux.

En affirmant un ton bien plus sombre que ce que l'on entend habituellement à l'époque dans les musiques de dessin animé, Jerry Goldsmith accentue le film de façon plus intense et dramatique tout en lui offrant une atmosphère musicale étonnamment dense et complexe. Les producteurs ont aussi tenus à éviter à leur tout certains clichés du genre puisqu’il n'y a qu'une seule chanson dans tout le film et que, à l'inverse de certaines productions Disney, la chanson n'est pas un numéro musical qui rentre dans l'action et l'interrompt pour se mettre en valeur. Elle se contente simplement d'accompagner discrètement la scène qu'elle représente, celle où Mme Brisby est au pied du lit de son fils malade qu'elle est en train de soigner. La reprise de la chanson par Paul Williams ne se retrouve ensuite qu'au générique de fin du film. Jerry Goldsmith a donc eu une marge suffisante pour pouvoir travailler et développer l’ensemble de sa musique tout au long du film. Plongé dans l'aventure, le score de Goldsmith se veut plutôt menaçant, massif, tendu, comme c'est le cas pour les scènes d'action telle que l'attaque du chat dragon au début, ou la lutte finale à l'épée. Goldsmith illustre aussi toute la facette fantastique de l'histoire avec la présence de choeurs (comme dans 'Legend') qui soulignent le climat fantastique de certains grands moments du film, et plus particulièrement celui de la pierre rouge vers la fin du film. Le thème principal revient à plusieurs reprises dans les moments plus apaisés et permet ainsi d'asseoir la thématique de la partition de ‘The Secret of Nimh’.

Que peut-on ajouter de plus si ce n'est qu'une fois encore, on ne pourra qu'apprécier le travail qu'a fournit Jerry Goldsmith sur cet excellent dessin animé du duo Don Bluth/Gary Goldman. Le thème principal nous colle instantanément à la peau et ne peut que nous toucher et nous émerveiller, à l'image de la très belle chanson 'Flying Dreams'. Une grande réussite incontournable dans la carrière exemplaire du maestro.

Visitez impérativement le site de Sally Stevens qui interpréta d'une voix délicate la chanson du thème "Flying dreams".

Un bon polar, une superbe musique !

Jeudi 4 septembre 2008...

A ne pas manquer ce soir, sur la chaîne M6, le très bon polar noir de Lee Tamahori, « Le masque de l'araignée » (ALONG CAME A SPIDER), avec Morgan Freeman dans le rôle d'Alex Cross, excellent, comme à son habitude.

Jerry Goldsmith signa pour ce film une partition intelligente, subtile et puissante, avec notamment la fameuse séquence de la rançon ("Ransom"), l'un des plus inventif et redoutable thème écrit par le maestro à la fin de sa carrière - et probablement l’un des derniers grands morceaux d’action d’anthologie du maître californien, un pur tour de force orchestral de 7 minutes digne des grands moments de TOTAL RECALL, OUTLAND, 13TH WARRIOR ou AIR FORCE ONE. En conclusion, un score qui s'écoute sans modération et un film à ne rater sous aucun prétexte...

Pochette créée exclusivement pour notre site à partir d'images du film.

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